Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:22
Cher Monsieur,

Article de Hins, version en anglais :  L'autre solution n'est pas faisable car je n'ai pas l'article sur mon site. Mais vaut-il la peine de le mettre sur votre site ?

Je ne connaissais pas l'Origine du français de Jean Espagnolle avant d'avoir vu la référence sur votre site (ni l'Origine du basque que j'aurais bien voulu voir). Malheureusement ces ouvrages ne se prêtent pas et sont donc inaccessibles pour moi qui suis loin des grandes bibliothèques.

(...)

J'espère que toutes vos difficultés sont résolues et vous salue amicalement.

Michel Desfayes

En tout tems nous avons eu une Langue Vulgaire; mais le Latin l'avoit tellement offusquée, qu'on la croyait perdue. Nul Auteur, pendant près de trois siècles, n'osa s'en servir en écrivant ; ceux, qui les premiers tenterent de le faire,furent troublés par la crainte que leurs Ouvrages ne fussent méprisés, à cause du langage dans lequel ils les composoient. (Thibaud [13e s.], Les Poësies du Roy de Navarre, tome premier, p. ix. Guérin, Paris*).


 

Ausone — « Ausonius » pardon! — (ca. 309-394), né à Bazas en Gironde, dit que son père ne parlait pas couramment le latin, mais avait une connaissance adéquate du grec (Dom. 4, 9-10). Quelle était donc sa langue maternelle sinon le gallo-roman (le gascon, en l'occurrence) ? »





* Pour être précis, l'extrait rapporté par Michel Desfayes est tiré de la préface de Levesque de La Ravalière de l'édition de 1742 des Poésies du roi de Navarre, préface très inspirée, titrée « Histoire des révolutions de la langue française, depuis Charlemagne jusqu'à Saint Louis ». La Ravalière « oppose avec des accents singulièrement populistes le latin, langue de l'élite cultivée et du clergé, au langage quotidien du "gros de la nation", autrement dit le gaulois », s'offusque Mme Vanwelkenhuysen (dans un travail d'université sur "l'étymologie totalitaire en France au dix-huitième siècle").

(Article primitivement publié le 21 janvier 2009.)

 

 

 

Par Gilles Gomel - Publié dans : Michel Desfayes
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:16


« Aux défenseurs du néo-latinisme : Gaston Paris, Littré, Ménage, s’opposent maintenant des maîtres plus clairvoyants, d’esprit plus large et libre, tels que Hins, J. Lefebvre, Louis de Fourcaud, Granier de Cassagnac, l’abbé Espagnolle (J.-L. Dartois), etc. Et nous les accompagnons volontiers, parce que, en dépit des apparences, nous savons qu’ils ont vu juste, jugé sainement, qu’ils suivent la voie simple et droite de la vérité, seule capable de conduire aux grandes découvertes. » Cette indication de Fulcanelli (dans les Demeures philosophales) m’avait guidé pour l’établissement de la collection des « introuvables ». Mais je désespérais de retrouver la contribution d’Eugène Hins parue dans la Revue de linguistique et de philologie comparée de Julien Vinson.

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Le problème est aujourd’hui résolu, grâce à Michel Desfayes, qui m’a fort aimablement envoyé copie de cet article introuvable, accompagné d'une traduction en anglais réalisée par ses soins.

Cet envoi a également été pour moi l’occasion de découvrir les passionnants travaux de Michel Desfayes, dont j’aurai l’occasion de reparler ici même. Mais je vous invite à visiter dès maintenant le site de ce « compilateur impénitent » de quatre-vingt-un ans, auteur, notamment, d’un monumental Trésor des noms d’oiseaux. Etymologie du lexique européen par les paradigmes de 2 750 pages, dont je vous livre la présentation :

« Un ouvrage à nul autre pareil sur l'origine des noms d'oiseaux et du lexique européen.

Rassembler les noms de 450 espèces d’oiseaux, dans quarante-deux langues indo-européennes et dans leurs dialectes, est une tâche que d’aucuns auraient jugé irréalisable. Cet ouvrage énumère pourtant quelque 100 000 noms recueillis dans les publications ornithologiques et les lexiques dialectaux. Il intéressera bien sûr les ornithologues curieux mais est avant tout destiné aux linguistes. Outre les noms d'oiseaux, quelque 30'000 noms d'objets et de couleurs sont rassemblés sous forme de filiations divisées en catégories d'origines chromatique, morphologique, acoustique ou cinétique. C'est la collection de noms de couleurs la plus complète jamais rassemblée. De l’Atlantique à l'Inde, les noms dialectaux sont cités avec les indications de localités. Ce travail fournira des ressources inépuisables aux chercheurs de l’ensemble des sciences concernées par la connaissance des langues et de leurs relations entre elles et la longue histoire des liens entre l’homme et la nature.

Et en plus :

Les noms latino-américains de 1 700 espèces d'oiseaux en espagnol, portugais et amérindien.

Les noms de 1 100 espèces d'oiseaux des pays francophones d'outre-mer.

Plus de 2 000 noms européens et extra-européens de la chauve-souris.

Mots clefs :

Lexicologie, dialectologie, étymologie; ornithologie: Noms d'oiseaux d'Europe et du Moyen-Orient. Langues indo-européennes. Langues anciennes. Langues modernes: celtiques, romanes, germaniques, scandinaves, slaves, grecque, albanaise, iraniennes, basque, caucasiennes, chamito-sémitiques. Langues latino-américaines et amérindiennes.

Langues citées :

Gaélique irlandais, Gaélique écossais, Cymry, Breton, Anglais, Islandais, Norvégien, Suédois, Danois, Néerlandais, Allemand, Français, Provençal, Catalan, Basque, Espagnol, Portugais, Italien, Rhéto-Romanche, Roumain, Albanais, Néo-grec, Serbo-croate, Tchèque, Slovaque, Polonais, Ukrainien, Russe, Biélorusse, Lituanien, Lette, Arménien, Iranien, Kurde, Géorgien, Hongrois, Turc, Arabe, Hébreu moderne, Maltais, Tzigane.

Langues anciennes :

Grec ancien, Latin classique, Latin médiéval, Prussien, Sanscrit, Hébreu ancien, Akkadien. »



L’article de Hins en format PDF

(Article primitivement publié le 25 décembre 2008.)





Par Gilles Gomel
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:14


Les langues, comme l’histoire, sont véritablement les témoins et les gardiennes du passé. Monument indestructible, chaque mot conserve le souvenir, la trace d'une chose dont se servirent nos pères ou d'une pensée qui occupa leur esprit. Aussi, Joseph de Maistre, parlant des patois, n'a-t-il pas dit, avec une haute raison, qu'ils renfermaient de grandes richesses historiques et philosophiques, et Charles Nodier, dans ses notions de linguistique, que « si les patois étaient perdus, il faudrait créer une Académie spéciale pour en retrouver la trace, pour rendre au jour ces inappréciables monuments de I'art d'exprimer la pensée » ? On verra aussi plus loin l’importance que leur donne Augustin Thierry.


Cependant il se rencontre parfois des hommes très cultivés qui paraissent n'avoir jamais réfléchi sur ce grave sujet. Une langue, fût-elle la plus mystérieuse et la plus belle du monde, ne dit rien à leur imagination, n'éveille aucune idée en leur esprit. Ils en verraient disparaître les derniers vestiges sans le moindre regret. Le baron de Valckenaer était bien de cette famille : la langue basque ne lui était pas seulement indifférente, mais encore odieuse ; aussi voulait-il la détruire, et pour y parvenir plus facilement, il avait eu I'idée singulière d'anéantir le peuple basque lui-même. En effet, après avoir dit, dans un long article sur les Basques, qu'ils sont rebelles aux lois du fisc, il continue en ces termes: « II en résulte que si les savants se plaisent à étudier la langue et la nationalité des basques, le gouvernement a un fort intérêt à détruire l’une et l’autre : ce qui pourrait s'effectuer en établissant un collège à Mauléon et un autre à Saint-Jean-Pied-de-Port ; en n'imprimant des livres basques qu'avec des traductions françaises ; en facilitant l’établissement du français par tous les moyens possibles ; en donnant des encouragements aux Béarnais, aux Gascons, pour aller s'établir au Pays basque, et aux Basques pour se transplanter en Béarn et dans d'autres provinces de France (1). »

Ce langage étrange confond. Conseiller aux pouvoirs publics de détruire tout un peuple et lui en indiquer froidement les moyens, parce que quelques paysans ne paient pas gracieusement l’impôt, n'est-ce pas folie, ou plutôt crime ? En tout cas, n'est-ce pas témoigner qu'on a l’esprit rétréci d'un buraliste vulgaire (2) ? Certes, loin de chercher à abolir la langue basque, qui est la plus belle de I’Occident, il faut tout faire pour la conserver intacte, dans ses différents dialectes ; car les mots qui la composent sont les seules archives de cette intéressante nation. Toute langue ou tout patois qui disparaît, sans laisser de trace, est une perte irréparable pour l’histoire ; aussi devrait-on veiller à la conservation des anciens dialectes de nos provinces avec autant de soin qu'à celle des livres les plus rares de notre Bibliothèque nationale. Pour cela, ne serait-il pas sage d'établir dans chaque ancienne province, une école supérieure où l’on étudierait les patois de la contrée, et où l’on décernerait de grandes récompenses aux meilleurs travaux composés en ces divers idiomes ? Est-ce que des poèmes comme Mircio et Nerto ne relèveraient pas promptement nos langues archaïques ? Et n'est-il pas évident que des études approfondies sur tous nos vieux dialectes et sur leur origine seraient d'un immense secours pour chaque histoire locale ? II semble que c'était l’avis d'Augustin Thierry :

« Tantôt, dit-il, une complète séparation d'idiomes, de traditions locales, de sentiments politiques, et une sorte d'hostilité instinctive, distinguent de la grande masse nationale la population de certains cantons peu étendus ; tantôt une simple différence de dialecte, ou même d'accentuation, marque, quoique d'une manière plus faible, la limite des établissements fondés par des peuples d'origine diverse, et longtemps séparés par de profondes inimitiés (3).
»

Une étude sérieuse de tous nos patois servirait donc merveilleusement à débrouiller les origines des diverses tribus qui ont peuplé la Gaule ; car, comme I'a dit si bien le savant Dom Rivet, le fondateur de l’histoire littéraire de la France, « les Français et les Gaulois, leurs prédécesseurs, n'ont fait dans la suite qu'un même peuple (4) ».

(1) Encyclopédie des gens du monde. Tome Ill, p. 119.

(2) Joseph II, empereur d'Allemagne, avait sur les langues des idées aussi grandes et aussi larges que le baron de Valckenaer. N'avait-il pas impitoyablement interdit à ses sujets de la Boheme l'usage de leur idiome national ?

(3) Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands. Introducti., p. 1.

(4) Préface.


(Jean Espagnolle, L'Origine des Basques, Pau, 1900.)




(L'
Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands débute ainsi :

« Les principaux États de l'Europe moderne sont parvenus aujourd'hui à un très haut degré d'unité territoriale ; et l'habitude de vivre sous le même gouvernement et au sein de la même civilisation semble avoir introduit, parmi les habitants de chaque État, une entière communauté de mœurs, de langage et de patriotisme. Cependant il n'en est presque pas un seul qui ne présente encore des traces vivantes de la diversité des races d'hommes qui, à la longue, se sont agrégées sur son territoire. Cette variété de races se montre sous différents aspects. Tantôt une complète séparation d'idiomes, de traditions locales, de sentiments politiques, et une sorte d'hostilité instinctive, distinguent de la grande masse nationale la population de certains cantons peu étendus ; tantôt une simple différence de dialecte, ou même d'accentuation, marque, quoique d'une manière plus faible, la limite des établissements fondés par des peuples d'origine diverse, et longtemps séparés par de profondes inimitiés. Plus on se reporte en arrière du temps où nous vivons, plus on trouve que ces variétés se prononcent ; on aperçoit clairement l'existence de plusieurs peuples dans l'enceinte géographique qui porte le nom d'un seul : à la place des patois provinciaux, on rencontre des langues complètes et régulières ; et ce qui semblait uniquement défaut de civilisation et résistance au progrès des lumières, prend, dans le passé, l'aspect de mœurs originales et d'un attachement patriotique à d'anciennes institutions. Ainsi, des faits, qui ne sont plus d'aucune importance sociale, conservent encore une grande importance historique. C'est fausser l'histoire que d'y introduire le mépris philosophique pour tout ce qui s'éloigne de l'uniformité de la civilisation actuelle, et de regarder comme seuls dignes d'une mention honorable les peuples au nom desquels le hasard des événements a attaché l'idée et le sort de cette civilisation. »)


Par Gilles Gomel
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:02

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre treizième.



CULTURE DES PATOIS CELTIQUES ET FORMATION DES LANGUES
LITTÉRAIRES.— L’ITALIEN, L’ESPAGNOL, LE FRANÇAIS.


Culture des langues vulgaires en France, en Italie et en Espagne. — Mode de formation des langues littéraires. — FRANCE. — Quels sont les plus anciens, des troubadours ou des trouvaires ? — Question mal posée. — Il y a toujours eu des poètes en Gaule ; mais les poésies les plus anciennes venues jusqu’à nous sont celles d’un troubadour, Guillaume IX, comte de Poitiers. — Celles de Wace, trouvaire normand, sont postérieures. — Ils continuent les bardes. — En quelle langue ont écrit les troubadours ? — Est-ce en provençal ? — Est-ce en limousin ? — Examen détaillé de cette question. — Ils ont écrit chacun dans la langue de son pays ; mais avec des termes de convention et de mode littéraire, qui fit de leur langage un parler factice. — Sources des documents sur les troubadours et sur les trouvaires. — Le Monje des isles d’or et Claude Fauchet. — Caractère, rôle, influence des troubadours. — Leurs protecteurs. — Leur hiérarchie. — Les cours d’amour. — Leur nombre, leur résidence, leurs arrêts. — Dialectes divers employés par les troubadours. — Exemples. — Expansion de la culture des langues d’oc. — Fondation de l’Académie des mainteneurs à Toulouse, en 1323. — Elle est la plus ancienne de l’Europe. — Son rôle. — Elle cultive la gaye science, ou la poésie en langue vulgaire. — Les anciens poètes gaulois du Midi se nommaient félibres, c’est-à-dire bons vivants. — Claude Fauchet a donné une liste de 127 trouvaires, qui remplissent le douzième et le treizième siècle. — Leurs noms et leurs œuvres. — ITALIE. — Les premiers poètes italiens adoptèrent d’abord la langue des troubadours. — Ils la quittèrent bientôt pour cultiver les dialectes de l’Italie. — Noms de tous ces poètes. — Les ouvrages de Dante font pencher la balance en faveur du dialecte de Florence. — Il devient la langue italienne. — Académie de Florence fondée en 1582. — ESPAGNE. — La langue des troubadours fut adoptée par les poètes catalans, aragonais et valenciens. — Faveur immense dont jouit cette langue. — Académie de Barcelone, fondée en 1390. — La Castille se préserve de l’invasion de cette langue étrangère et factice. — Création de la littérature castillane. — Poème du Cid. — Bercéo. — Lorenzo d’Astorga. — L’archiprêtre de Hita. — Alphonse le Sage. — Charles Quint trouve la langue castillane toute formée, et il en fait la langue officielle de L’Espagne. — En France, la formation de la langue fut beaucoup plus longue. — Essai d’une académie au treizième siècle. — Académie fondée par Baïf, au seizième. — Le perfectionnement de la langue commence à la Renaissance, et dure un siècle et demi. — Lettrés qui y prennent part. — But qu’ils se proposent. — Triple pensée qui les guide. — Constitution du dialecte français. — Sa séparation d’avec les autres. — Froissard, Rabelais, Montaigne n’ont pas écrit en dialecte français. — Action des lettrés et de l’hôtel de Rambouillet. — Qualités constitutives de la langue française. — Elle leur doit son universalité, parce que seule elle les possède. — Elle survivrait à la nationalité.




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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:58

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre XII.



RENAISSANCE DES NATIONALITÉS ET DES LANGUES CELTIQUES.
ON ÉCRIT DE NOUVEAU LES PATOIS.


La chute de l’Empire romain fait renaître les nationalités et les langues celtiques. — Ces langues sont employées dans la rédaction des actes. — En Italie, le plus ancien monument en patois est une charte corse de l’année 719. — Doutes de Muratori. — Discussion de cette charte. — Elle est authentique. — Les patois italiens deviennent d’un usage général à la fin du treizième siècle. — En France, le document patois développé le plus ancien, ce sont les serments de Strasbourg, de 842. — Fragments plus anciens encore. — Les serments de Strasbourg sont rédigés dans la langue des trouvaires. — Examen et preuve. — Textes romans du dixième siècle. — Tableau des patois, du douzième au quatorzième siècle. — Patois du Rouergue, de Montpellier, de Manosque, de Brive, de Bordeaux rive gauche, ou gascon ; de Bordeaux rive droite, ou gavache ; patois lorrain, champenois, artésien, berrichon, français ; patois d’Agen, de Périgueux, du Béarn, de la Gascogne. — En Espagne, les patois étaient en usage au dixième siècle ; témoignage de Luitprand. — Les Goths, les Arabes, les Maures respectèrent ces patois. — A partir du treizième siècle, ils devinrent d’un usage général. — En France, au contraire, le latin et les patois furent employés simultanément. — Exemples de ce parallélisme jusqu’au seizième siècle. — Charles VIII est le premier qui bannit le latin des procédures. — Ordonnance de 1490. — Louis XII l’imite par l’ordonnance de 1512. — François Ier complète l’œuvre, par l’ordonnance de 1539. — Anecdotes à ce sujet. — Il reste à faire un dernier effort pour bannir l’usage du latin. — Charles IX en 1562, et Louis XIII en 1629, accomplissent cette réforme. — En cette année 1629, Corneille débutait, en faisant jouer Mélite.




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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:54

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre XI.



LATIN LITTÉRAIRE DE ROME. SA FORMATION ET SA CHUTE
COMME LANGUE PARLÉE.


Études sur la nature du latin de Rome. — Travaux des Anciens et des Modernes. — Les Anciens considéraient Rome comme une ville grecque, et le latin de Rome comme dérivé du grec. — Opinions et preuves. — À quelle époque la langue latine de Rome commença à être modelée sur le grec. — Éléments italiens de ce latin. — Ses éléments grecs. — Environ trois mille mots grecs y sont introduits. — Par qui et à quelle époque ? — Le vocabulaire latin est donc grec en grande partie. — La grammaire latine se façonne sur la grecque. — Ce travail commence à Plaute et à Térence. — Études grecques à Rome. — Abus du grec. — Néanmoins ce latin, fait à l’image du grec, ne dépasse pas les limites de la société lettrée, formée par les écoles publiques. — Organisation de l’enseignement à Rome. — Lois des empereurs à ce sujet. — Hors de Rome, le latin est une langue écrite, non généralement parlée. — Il disparaîtra avec la société aristocratique de Rome. — C’est par la chute de cette société, non par l’invasion des barbares, que le latin a disparu comme langue parlée. — Les gouvernements barbares ont tous maintenu le latin comme langue écrite. — Dispersion de la société aristocratique de Rome. — Invasions d’Alaric, de Genseric et de Totila. — La ville est pillée, la population est dispersée, les monuments sont détruits. — Rome, abandonnée, est peuplée par les bêtes fauves. — Les Romains chassés, elle est repeuplée et rebâtie par des populations de toute l’Italie. — On n’y parle plus latin, mais italien. — Poète anonyme du VIe siècle qui constate cet état de choses, — Délivrées du joug de Rome, les nationalités et les langues celtiques se réveillent. — Renaissance et culture des patois, en Italie, en Gaule et en Espagne.



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:49

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre X.



LATIN VULGAIRE, OU PATOIS ANTIQUE DU LATIUM.


Le latin classique n’est pas la langue du Latium, mais celle de Rome. — Les Latins et les Romains sont deux peuples différents ; ils ont deux langues distinctes. — Le latin vulgaire ou patois du Latium fut toujours ce qu’il est encore, une langue ne déclinant pas avec des cas, et ne conjuguant pas avec des flexions. — Les Pélasges et les colons grecs ont donné au latin les terminaisons en us et en um. — Beaucoup de villes italiennes et de noms propres ont conservé, sous la domination romaine, leurs noms primitifs, terminés en i et en o. — Exemples. — Substantifs italiens antiques restés indéclinables à tous les cas de la déclinaison latine. — Exemples. — Comment le latin vulgaire du Latium formait-il le pluriel des mots et les cas ? — Pluriel formé par une s. — Exemples. — Génitif du latin du Latium formé avec la préposition DE, à la gauloise. — Exemples. — Datif formé par la préposition AL. — Le latin du Latium avait-il l’article LE, LA, LES ! — Opinion de Muratori sur son origine. — L’équivalent se trouve dans Plaute et dans Térence. — Il est dans l’osque et dans l’étrusque. — Bases de la conjugaison dans le latin vulgaire du Latium. — Comme l’ombrien et l’osque, elle emploie les auxiliaires, — Exemples et analogie, tirés du latin littéraire et de Cicéron. — Série de substantifs et de verbes appartenant au latin du Latium. — Ils sont étrangers au latin littéraire, et se retrouvent tous dans nos patois. — Mots du latin antique, et qui sont gaulois. — Ainsi, la grammaire et le vocabulaire du latin vulgaire étaient gaulois. — Ils sont restés tels. — Vers en patois moderne du Latium. — Leur traduction littérale en gascon prouve leur identité avec nos patois. — Nom que portait à Rome le latin du Latium ou rustique. — On l’appelait latin vulgaire, militaire, usuel ou quotidien. — Auguste s’en servait dans sa correspondance. — César avait des interprètes pour ce latin. — On l’enseignait régulièrement à Rome. — Maîtres qui l’apprirent à Marc-Aurèle. — Sidoine Apollinaire l’écrivait.


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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:45

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d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre IX.



PATOIS ANTIQUES DE L’ITALIE. — L’OMBRIEN, L’OSQUE, L’ÉTRUSQUE.


Commencement modeste de la nation romaine. — Isolement des peuples italiens, causé par la différence de leurs langues. — Les Romains leur donnent plus tard un lien, par la langue latine. — Nombre et diversité des alphabets italiens. — Langues antiques de l’Italie retrouvées dans les inscriptions. — Nombre de ces inscriptions. — Temps qu’il a fallu pour les lire et les interpréter. — Six langues principales de l’Italie antique. — Latin rustique, ombrien, sabin, osque, étrusque, gaulois. — Leurs limites. — C’étaient les dialectes d’une même langue. — Les anciens Italiens s’entendaient avec peine ; les Romains ne les entendaient pas. — Preuves de ce fait. — Ce phénomène se reproduit dans l’Italie moderne, en Espagne et en France. — Comparaison de l’OMBRIEN et du LATIN. — Comparaison de l’OSQUE et du LATIN. — Ces trois langues avaient un vocabulaire commun. — Elles étaient trois dialectes de l’italien antique. — DIALECTE ÉTRUSQUE. — Principes qui doivent présider à son étude. — Le toscan moderne doit ressembler à l’étrusque ancien. — Les Grisons ou Rhètes sont Étrusques. — Témoignages des historiens. — Leur langue justifie ces témoignages. — Exemple. — Il faut distinguer la langue sacrée des Étrusques de leur langue populaire. — La première est encore un mystère. — Inscriptions en langue sacrée. — Inscriptions en langue populaire. — Elles sont dans les tombeaux. — Sens de larth, de thana, de sec, d’avil. — Erreur des philologues. — Détails. — Ril. — Sens de lupu. — De tularu. — Nom des femmes étrusques. — Nom des enfants. — Interprétation de mots étrusques. — Turcis. — Lanista. — Phius. — Subulo. — Arakos. — Aesar. — Tous ces mots sont gaulois. — Noms d’hommes, de héros, de dieux. — Les patois antiques de l’Italie déclinent et conjuguent comme les dialectes gaulois. — Erreurs des épigraphistes réfutées par les textes mêmes. — Exemples. — Les patois antiques de l’Ombrie, du Samnium sont les mêmes que les patois français actuels. — Preuves. — Ils ne venaient pas du latin. — Il en est de même des patois italiens modernes. — Exemples. — Ils sont identiques à nos patois. — Les uns et les autres sont donc nationaux, originaux, et non dérivés.


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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:39

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre VIII.


ÉTABLISSEMENT DES GAULOIS EN ITALIE, OÙ LES AVAIENT PRÉCÉDÉS LES TRIBUS
LATINES, OMBRIENNES, PÉLASGIQUES ET ÉTRUSQUES.
LEUR DIFFUSION EN EUROPE ET EN ASIE.


La Gaule fut le foyer d’où la race gauloise rayonna en Europe. — Récit de ses émigrations en Italie, où les avaient précédés les Latins, les Ombriens, les Pélasges et les Étrusques. — Départ de Sigovèse et de Bellovèse vers le Danube et les Alpes. — Où s’établissent les tribus de Sigovèse. — Arrivée des tribus de Bellovèse au pied des Alpes. — Passage et emplacement successif des cinq émigrations de Gaulois, entre Suze et Rimini. — Dénombrement de leurs tribus. — Dialectes apportés par les Gaulois en Italie. — Ils s’y parlent encore, avec leurs caractères primitifs, qui sont complètement celtiques. — Ces dialectes sont communs à l’ltalie, où des tribus gauloises avaient plus anciennement pénétré. — Histoire de ces tribus. — Les ABORIGÈNES ou LATINS. — Leur langue. — Le nom du Pic prouve qu’elle est gauloise. — Les OMBRIENS. — Témoignages qui établissent leur nationalité gauloise. — Les PÉLASGES. — Leur langue. — Leur arrivée en Italie. — Ils sont une branche barbare de la famille grecque, ou des Gaulois-Grecs. — Les ÉTRUSQUES. — Systèmes sur leur nationalité. — Ils sont des habitants primitifs de l’Italie. — Leur langue a le caractère ombrien et gaulois. — Prise de Rome par les Gaulois Sénons, établis dans la Calabre. — Fables de Tite-Live à leur sujet. — Participation des Gaulois dans les affaires de l’Europe. — Leurs traités avec Denys l’ancien et les Carthaginois. — Leur établissement en Illyrie et dans la vallée du Danube. — Leur tentative sur Delphes. — Leur passage et leur établissement en Asie Mineure. — Royaume gallo-grec — Son histoire et sa chute. — Nationalité des Valaques, Gaulois établis sur le Danube. — Ils sont les Tectosages, mentionnés par César.



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:36

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.




Chapitre VII.


LA LANGUE GAULOISE. — SES DIALECTES. — SES PATOIS.



Les dialectes de la langue gauloise existaient du temps de César. — Ce sont les patois. — Ils étaient l’idiome particulier des tribus gauloises. — Théories et erreurs des philologues au sujet des patois. — Le mot patois était employé dès le treizième siècle. — Il signifiait langue locale. — Tous les peuples ont eu leurs patois. — Patois grecs, qu’on nommait dialectes. — Les patois sont la source des langues littéraires. — Nombre considérable des patois qui se parlent en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Angleterre. — Division générale des patois français. — Doctrine de M. Littré sur les patois. — Il attribue leur formation au latin et au climat. — Faits nombreux qui la renversent. — L’histoire et la géographie prouvent que les patois sont nationaux, qu’ils appartiennent et correspondent aux anciennes cités ou aux anciens pagi de la Gaule. — Preuves diverses de leur antiquité et de leur nationalité. — Les noms des villes, des rivières et des montagnes sont empruntés aux langues locales, et sont antérieurs à la conquête. — Les géographes grecs et latins les ont défigurés. — Mots appartenant encore aux patois, et qui sont cités dans les anciens auteurs grecs ou latins. — La nationalité et l’originalité des patois est donc incontestable. — Ils constituent la langue gauloise, comme les dialectes de la Grèce constituaient la langue grecque. — Nature de la langue gauloise. — Unité de sa grammaire. — elle est entièrement différente de la grammaire latine, par le substantif, le verbe et la syntaxe. — Erreur accréditée au sujet des dialectes du Midi. — Le gascon est un dialecte spécial. — Ses affinités avec le bas-breton. — Unité des patois de la Gaule. — Comparaison avec le français et avec le gascon du bas-breton, du suisse, du forézien, du lorrain et du normand. — Les patois de la Gaule ne forment qu’une seule et même famille avec ceux de l’Espagne et de l’Italie. — Culture de la langue gauloise sous la domination romaine. — Alphabet des Gaulois retrouvé. — Les bardes sont les prédécesseurs des troubadours, qui les ont continués.




Le chapitre complet en format Word (53 pages)




Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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La raison d'être de ce blog est de faire connaître, en les rendant directement accessibles, les écrits de ceux qui, tels Adolphe Granier de Cassagnac il y a un siècle et demi ou, naguère, Michael John Harper, ont combattu le préjugé selon lequel le français et les langues sœurs seraient dérivés du latin. Faisant la claire démonstration que le néo-latinisme est une doctrine contraire au bon sens, aux témoignages de l'histoire et aux règles élémentaires de la philologie, ces auteurs ont apporté la preuve que le français, à l'instar des autres langues dites romanes, est un idiome fort ancien, qui n'a pu nous être apporté par l'occupant romain.

Dans cette perspective, la partie essentielle de ce site est sa bibliothèque ("Les introuvables"), qui figure ci-dessous.

 

 
Les introuvables

  


Adolphe Granier de Cassagnac

   

Une critique d'Essai sur la littérature italiennne, d'Estelle d'Aubigny, parue dans la Presse du 12 août 1839. (ICI)


Antiquité des patois.
Antériorité de la langue française sur le latin,

1859. (ICI)

  
Histoire des origines de la langue française,
1872
Préface (ICI)
Chapitre premier (ICI)
Chapitre II (ICI) 
Chapitre III (ICI)
Chapitre IV (ICI)
Chapitre V (ICI)
Chapitre VI (ICI)
Chapitre VII (ICI)
Chapitre VIII (ICI)
Chapitre IX (ICI)
Chapitre X (ICI)
Chapitre XI (ICI)
Chapitre XII (ICI)
Chapitre XIII (ICI)

 

    

Eugène Hins

     
"L'opinion que les langues romanes dérivent du latin a-t-elle un fondement historique ?

Revue de linguistique et de philologie comparée (1887) (ICI)

"Le genèse de la conjugaison française"

 Revue de linguistique et de philologie comparée (1889) (ICI)  

 

 

Auguste Callet

     
"Le système étymologique de Littré et de son école"
Mercure de France, 16 avril 1911 (article posthume) (ICI)

 
La Légende des Gagats.

Essai sur les origines de Saint-Étienne en Forez,

1866. (ICI)

    


J. Lefebvre (Jean Espagnolle ?)

   
"Les langues néo-latines",

 La Nouvelle Revue, 1892.
 Première partie
(1)
 Seconde partie (2)

    

   
Jean Espagnolle


"Examen critique des doublets de M. Brachet"
Revue de la Société des études historiques, 1888. (ICI)

     

  

J.-L. Dartois (Jean Espagnolle)


Le Néo-latinisme, 1909. (ICI) 

     

    

Michael John Harper  

   

The History of Britain Revealed

 (l'histoire de l'île de Bretagne révélée), 2002-2006. 

J'ai traduit le troisième chapitre consacré aux origines du français, grâce à l'aide précieuse de Hatty. (ICI)


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