Lundi 11 août 2008
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La prétendue transmission du latin par les légions romaine (suite)
Il serait important pour le sujet qui nous occupe de déterminer avec exactitude quelle était, au moins à partir d’Auguste, la
proportion des Romains et des Italiens dans la composition des légions, car ce n’est qu’à partir d’Auguste que Rome exerça une action régulière et permanente sur la Gaule.
Pour arriver à ce résultat, il faut d’abord se rappeler que la nation romaine proprement dite, qui conquit l’Italie et le monde,
comprenait trente-cinq tribus, dont quatre composaient la population de Rome, et trente et une, répandues autour de Rome, composaient la population rurale. Ce nombre de trente-cinq tribus ne fut
jamais dépassé, même sous Auguste.
Quel nombre de citoyens romains, c’est-à-dire d’hommes aptes à devenir légionnaires, contenaient ces trente-cinq tribus romaines ?
On peut affirmer qu’il ne dépassa jamais trois cent mille.
(Je passe la longue démonstration de Granier, qui se fonde sur divers dénombrements et recensements opérés à l’époque pour illustrer la présence sans cesse
grandissante d’éléments non romains dans l’armée romaine à partir d’Auguste, au point de devenir exclusive.)
Il
serait inutile de pousser plus loin cette étude de l’élément constitutif des légions. L’élément romain et même l’élément latin en ont complètement disparu. Rome et l’Italie appartiennent aux
soldats levés dans toutes les provinces de l’empire, en attendant que ces provinces, épuisées à leur tour, appartiennent aux Barbares.
Naturellement, le sort de la Gaule suivit le sort de l’empire. Le pouvoir impérial, qui n’avait plus de soldats romains pour se
garder lui-même, faisait garder la Gaule par des légions levées dans les autres provinces. Zosime constate que sous Aurélien les troupes entretenues dans la Gaule étaient composées de Dalmates,
de Mésiens, de Pannoniens, de Noriciens et de Rhètes. Sous Constant les légions des Gaules se recrutaient avec des Illyriens.
Ce ne sont pas de tels soldats qui pouvaient enseigner le latin aux paysans de la Gaule.
(M. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française,
1872.)
(A suivre.)
Par Gilles Gomel
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Publié dans : Granier de Cassagnac
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