Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 12:49
La prétendue transmission du latin par les légions romaines (suite et fin)

Bien plus, la défense militaire de la Gaule reçut, immédiatement après la conquête, une organisation qui excluait tout contact des soldats avec les Gaulois, toute action morale des légionnaires sur les populations urbaines ou rurales, enfin toute possibilité et tout moyen pour les armées de modifier les dialectes nationaux répandus sur toute la surface de ce vaste pays.
 
La pensée dominante du gouvernement romain était de préserver les Gaules d’un envahissement toujours imminent des populations germaines : deux grandes mesures générales furent prises dans ce but.

D’abord, Auguste fit construire une série de camps retranchés permanents, véritables forteresses, sur la rive gauche du Rhin, depuis Vindonissa, Windisch, en Helvétie, au confluent de la Reuss et de l’Aar, jusqu’à Vetera, aujourd’hui Santen, en face et un peu au-dessous de l’embouchure de la Lippe. Huit légions d’abord, trois ensuite, furent chargées, avec des auxiliaires, de garder ces camps et de repousser les Barbares.

Ensuite, Auguste transporta sur la rive gauche du Rhin, en leur donnant des terres et des établissements durables, des Ubiens, des Suèves et des Sicambres, populations germaines dévouées à l’empire. Tibère y transporta encore quarante mille Germains.

Ainsi gardées et contenues, gratifiées d'ailleurs du droit de cité romaine à partir du règne de Claude et de celui de Galba, les Gaules, à l’exception des insurrections partielles et passagères de Sacrovir et de Civilis, furent pour Rome une source abondante de tributs et de soldats, et ne durent jamais être occupées, à l’intérieur, par des garnisons romaines. L’administration, exclusivement gauloise, et exercée par les magistrats élus des cités, n’était en contact avec la métropole qu’à l’occasion du versement des tributs, et cette métropole n’était représentée sur le territoire gaulois que pas un préfet, résidant à Trèves, et réunissant au gouvernement de la Gaule celui de l’Espagne.

L’histoire des légions romaines employées soit à la conquête, soit à la garde de la Gaule détruit donc de fond en comble, comme nous venons de le montrer, l’hypothèse de l’introduction de la langue latine parmi nos ancêtres par les soldats.

(M. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, 1872.)


Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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Les introuvables

Michael John Harper
The History of Britain
Revealed
(l'histoire de l'île de Bretagne révélée),
2002-2006.
J'ai traduit le
troisième chapitre
consacré aux origines du français,
grâce à l'aide précieuse de Hatty. (ICI)


Adolphe Granier de Cassagnac
Antiquité des patois.
Antériorité de la langue française sur le latin,

1859. (ICI) et (ICI)

Histoire des origines de la langue française,
1872
Préface (ICI)
Chapitre premier (ICI)
Chapitre II (ICI)
Chapitre III (ICI)
Chapitre IV (iCI)
Chapitre V (ICI)
Chapitre VI (ICI)
Chapitre VII (ICI)
Chapitre VIII (ICI)
Chapitre IX (ICI)



Jean Espagnolle
Le Néo-latinisme,
1909.
(ICI)

L'Origine des Basques,
1900
(ICI)

"Examen critique des doublets de M. Brachet"
Revue de la Société des études historiques, 1888
(ICI)



J. Lefebvre
"Les langues néo-latines",

 La Nouvelle Revue, 1892.
 Première partie (1)

 Seconde partie  (2)


Eugène Hins
"L’opinion que les langues romanes dérivent du latin a-t-elle un fondement historique ?"
(ICI)

"Does the opinion that Romance languages derived from Latin have an historic base?"
(ICI)




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