Vendredi 26 septembre 2008
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Isidore de Séville (v. 570-636)
Il y a trois langues sacrées : l’hébreu, le grec, le latin, qui sur toute la terre l’emportent de loin.
C’est en effet dans ces trois langues que le Seigneur fut désigné par Pilate sur la croix. L’obscurité des Saintes Ecritures rend nécessaire la connaissance de ces trois langues, qui permet de
recourir aux deux autres quand l’une d’elles engendre le doute sur un mot ou une interprétation (…).
D’après certains auteurs, il y a quatre langues latines : l’ancienne, la latine, la romaine, la mixte. L’ancienne est cette langue grossière des anciens habitants de l’Italie, du temps de Janus
et Saturne, que l’on retrouve dans les chants Saliens. La latine, celle que parlèrent sous Latinus et sous les rois les Etrusques et les autres habitants du Latium ; c’est la langue des Douze
Tables. La romaine, celle qui prit son essor après l’expulsion des rois par le peuple romain, et fut répandue par les poètes Nevius, Plaute, Ennius, Virgile et les orateurs Gracchus, Caton et
Cicéron. La mixte, celle qui, avec de nouvelles coutumes et de nouveaux hommes, fit irruption à Rome après l’extension de l’empire, corrompant la pureté de la langue par les solécismes et les
barbarismes.
(Isidore de Séville, Etymologiae, trad. M. Reydellet, Paris, 1984)
Par Gilles Gomel
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