Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /2008 23:58
Cerquiglini interprète Dante

« Par son De vulgari eloquentia, qu’il rédige en 1304, [Dante] entend promouvoir l’« éloquence » non latine,  et donner à l’italien un rang aussi illustre que celui du latin. La langue vulgaire, toutefois, souffre par rapport au latin littéraire, langue de la différence et de l’identité, de l’universalité, d’une tendance incontrôlable à la mutation et à la division. Ainsi, l’italien n’existe que sous forme d’une pluralité de dialectes, et il est lui-même issu, note Dante, d’une tripartition du latin en trois idiomes où « nam alii oc, alii oïl, alii affirmando locuntur » (I, viii, 6). Ce faisant, Dante rattache explicitement au latin les trois langues romanes principales, qu’il nomme par la façon dont on y affirme : le provençal (langue d’oc), le français (langue d’oïl, ancêtre de notre oui) et l’italien (langue de ). »

(Bernard Cerquiglini, La Naissance du français, coll. « Que sais-je ? », PUF, Paris, 2007).


Hélas pour Bernard Cerquiglini, lorsque Dante écrit : « En nous apprêtant à comparer entre elles les trois formes de notre idiome qui, comme nous l’avons dit plus haut, est triparti (1) », il ne désigne pas le latin, puisqu’il nous parle d'un
« vulgaire ». Or il a qualifié peu avant le latin — la grammaire (2) — de « langue artificielle » par contraste avec les langues vulgaires, langues « que les enfants, au moment où ils commencent à articuler les sons, apprennent de leur entourage ». Cet idiome dont il fait dériver les langues d'oïl, d'oc et de ne peut pas être le latin.

(Remarquablement, Olivier Guyotjeannin, dans Archives de l’Occident, tome I, intitule ce même passage du De vulgari eloquentia : « L’antériorité du vulgaire sur le latin d’après Dante ».)

G.






Par Gilles Gomel - Publié dans : Dante Alighieri
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Les introuvables

Michael John Harper
The History of Britain
Revealed
(l'histoire de l'île de Bretagne révélée),
2002-2006.
J'ai traduit le
troisième chapitre
consacré aux origines du français,
grâce à l'aide précieuse de Hatty. (ICI)


Adolphe Granier de Cassagnac
Antiquité des patois.
Antériorité de la langue française sur le latin,

1859. (ICI) et (ICI)

Histoire des origines de la langue française,
1872
Préface (ICI)
Chapitre premier (ICI)
Chapitre II (ICI)
Chapitre III (ICI)
Chapitre IV (iCI)
Chapitre V (ICI)
Chapitre VI (ICI)
Chapitre VII (ICI)
Chapitre VIII (ICI)
Chapitre IX (ICI)



Jean Espagnolle
Le Néo-latinisme,
1909.
(ICI)

L'Origine des Basques,
1900
(ICI)

"Examen critique des doublets de M. Brachet"
Revue de la Société des études historiques, 1888
(ICI)



J. Lefebvre
"Les langues néo-latines",

 La Nouvelle Revue, 1892.
 Première partie (1)

 Seconde partie  (2)


Eugène Hins
"L’opinion que les langues romanes dérivent du latin a-t-elle un fondement historique ?"
(ICI)

"Does the opinion that Romance languages derived from Latin have an historic base?"
(ICI)




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