Vendredi 1 mai 2009
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A propos de Mario Alinei et de la théorie de la continuité
« La recherche archéologique récente n’a pas apporté la preuve d’une grande invasion indo-européenne à
laquelle cependant la linguistique reste attachée. Parmi les 70 ouvrages consacrés aux origines IE, la théorie la plus couramment admise aujourd’hui est cependant portée par des archéologues :
Marija Gimbutas, dont la thèse est reprise par J. P. Mallory (...), considère que le proto-indo-européen se confond avec la culture pastorale des kurgans, née dans une vaste aire de la Russie
méridionale et qui se serait imposée par la force, la « kurganisation » de l’Europe ayant entraîné son indo-européanisation sur le plan linguistique. Colin Renfrew (...) — autre archéologue —
remplace l’invasion des guerriers pasteurs par l’arrivée de la révolution néolithique à partir de l’Orient, offrant donc une chronologie supérieure. Mais ce modèle aussi est démenti par les
archéologues, qui donnent aux autochtones le rôle principal dans la néolithisation. Le seul modèle, selon Alinei, est celui de la continuité des populations et des langues indo-européennes et non
indo-européennes de l’Europe dès le paléolithique, sans ignorer, bien entendu, les invasions d’importance mineure et la constitution de superstrats par des infiltrations de caractère élitaire et
colonial à l’âge des métaux. (...)
« Selon Alinei, on ne peut parler de « dialectes » aux périodes les plus anciennes, mais de variations géolinguistiques : en effet,
l’existence de dialectes implique celle d’une « langue » de référence, expression d’une civilisation élitaire, qui n’apparaît qu’avec l’âge des métaux. A l’opposé de la chronologie
traditionnelle, qui place l’origine des dialectes entre la disparition des langues antiques, considérées comme des fossiles, et l’apparition des langues modernes au moyen âge, Mario Alinei est
persuadé que les dialectes actuels continuent pour partie les parlers de la préhistoire la plus ancienne. Leur conservatisme dérive de la distance sociale énorme entre les couches cultivées et
les couches dialectophones, incultes, analphabétisées et statiques. »
Jean Le Dû, review of Mario Alinei, Origine delle lingue d’Europa, Etudes celtiques n° 35,
2003.
http://www.continuitas.com/texts.html
Par Gilles Gomel
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Publié dans : Mario Alinei
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