Mercredi 14 octobre 2009
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Choses lues
« Le projet, à une telle échelle, était neuf. Il reposait d’abord sur
l’existence d’une communauté de lettrés, cosmopolite, associant les Italiens Pierre de Pise et Paul Diacre, l’Anglo-Saxon Alcuin, le Wisigoth Théodulf, les Francs Éginhard, Angilbert, etc.
Beaucoup sont des clercs, quelques-uns des laïcs, tel Éginhard, le biographe de Charlemagne. Les Anglo-Saxons sont majoritaires et imposent leur langue de culture, ce latin savant, forgé de
toutes pièces en Angleterre. La renaissance carolingienne reposa ainsi sur un latin érudit qui facilitait l’arrimage dans le monde antique (...). »
(Sylvain Gouguenheim, Aristote au mont
Saint-Michel, Seuil, 2008.)
§
« Nous ne connaissons pas dans leur texte vrai les écrits latins antérieurs au
IVe siècle, car ils furent, à cette époque, récrits en langage moderne, purgés de tout ce qui semblait archaïque dans les mots, dans la syntaxe. Il est très probable que le Virgile que nous
lisons ressemble à ce qu’aurait pu être Villon réduit au style et au goût de Malherbe, ou à ce qu’est devenu sous la plume des copistes du XVe siècle le rude Joinville du XIIIe.
»
(Remy de Gourmont, Esthétique de la langue française, Paris,
1905.)
Par Gilles Gomel
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