En effet, et quoique nous l'ayons déjà dit, il faut le dire encore :
Dans la grammaire commune au français, à l'italien et à l'espagnol,
Le substantif se décline à l'aide de prépositions ;
Le verbe actif se conjugue principalement avec des auxiliaires ;
La forme du verbe passif n’existe pas.
La syntaxe exige que dans la construction de la phrase l'ordre grammatical des mots se confonde avec leur ordre logique.
Au contraire, dans la grammaire de la langue latine,
Le substantif se décline à l'aide de cas ;
Le verbe actif se conjugue à l'aide des flexions ;
Le verbe passif a une forme spéciale, conjuguée en partie comme l'actif.
Le verbe déponent a la forme passive et la signification active.
La syntaxe permet dans la construction de la phrase tel ordre de mots qu’il plaît au goût de l'auteur d'adopter.
Il y a donc entre ces deux grammaires un abîme qui les sépare et qui classe le français, l'italien et l'espagnol dans une famille de langues absolument distincte de la famille à laquelle appartient, avec le grec et le sanscrit, la langue latine.
Des êtres de natures contraires ne peuvent pas s'engendrer mutuellement ; et il est aussi monstrueux en philologie de vouloir que le latin ait produit le français et les langues similaires qu’il le serait en physiologie de vouloir qu’un quadrupède produisît un oiseau.
C'est parce qu’on s'est toujours arrêté à la surface de cette hypothèse, sans pénétrer jusqu’au principe même
qu’elle formule, qu’on n’en a pas aperçu l'absurdité ; car si l'on avait constaté la nature absolument contraire du latin et du français, on n’aurait pas pu s'arrêter, même un seul instant,
à l'idée que l'une de ces deux langues puisse procéder de l'autre.
(B. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, ch. v.)
La raison d'être de ce blog est de faire connaître, en les rendant directement accessibles, les écrits de ceux qui, tels Adolphe Granier de Cassagnac il y a un siècle et demi ou, naguère, Michael John Harper, ont combattu le préjugé selon lequel le français et les langues sœurs seraient dérivés du latin. Faisant la claire démonstration que le néo-latinisme est une doctrine contraire au bon sens, aux témoignages de l'histoire et aux règles élémentaires de la philologie, ces auteurs ont apporté la preuve que le français, à l'instar des autres langues dites romanes, est un idiome fort ancien, qui n'a pu nous être apporté par l'occupant romain.
Dans cette perspective, la partie essentielle de ce site est sa bibliothèque ("Les introuvables"), qui figure ci-dessous.
Adolphe Granier de Cassagnac
Une critique d'Essai sur la littérature italiennne, d'Estelle d'Aubigny, parue dans la Presse du 12 août 1839. (ICI)
Antiquité des patois.
Antériorité de la langue française sur le latin,
1859. (ICI)
Histoire des origines de la langue française,
1872
Préface (ICI)
Chapitre premier (ICI)
Chapitre II (ICI)
Chapitre III (ICI)
Chapitre IV (ICI)
Chapitre V (ICI)
Chapitre VI (ICI)
Chapitre VII (ICI)
Chapitre VIII (ICI)
Chapitre IX (ICI)
Chapitre X (ICI)
Chapitre XI (ICI)
Chapitre XII (ICI)
Chapitre XIII (ICI)
Eugène Hins
"L'opinion que les langues romanes dérivent du latin a-t-elle un fondement historique ?
Revue de linguistique et de philologie comparée (1887) (ICI)
"Le genèse de la conjugaison française"
Revue de linguistique et de philologie comparée (1889) (ICI)
Auguste Callet
"Le système étymologique de Littré et de son
école"
Mercure de France, 16 avril 1911 (article posthume) (ICI)
La Légende des Gagats.
Essai sur les origines de Saint-Étienne en Forez,
1866. (ICI)
J. Lefebvre (Jean Espagnolle ?)
"Les langues néo-latines",
La Nouvelle Revue, 1892.
Première partie (1)
Seconde partie (2)
Jean Espagnolle
"Examen
critique des doublets de M. Brachet"
Revue de la
Société des études historiques, 1888. (ICI)
J.-L. Dartois (Jean Espagnolle)
Le Néo-latinisme, 1909. (ICI)
Michael John Harper
The History of Britain Revealed
(l'histoire de l'île de Bretagne révélée), 2002-2006.
J'ai traduit le troisième chapitre consacré aux origines du français, grâce à l'aide précieuse de Hatty. (ICI)
gillesgomel@gmail.com