Granier de Cassagnac

Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 13:38



En effet, et quoique nous l'ayons déjà dit, il faut le dire encore :


Dans la grammaire commune au français, à l'italien et à l'espagnol,


Le substantif se décline à l'aide de prépositions ;


Le verbe actif se conjugue principalement avec des auxiliaires ;


La forme du verbe passif n’existe pas.


La syntaxe exige que dans la construction de la phrase l'ordre grammatical des mots se confonde avec leur ordre logique.


Au contraire, dans la grammaire de la langue latine,


Le substantif se décline à l'aide de cas ;


Le verbe actif se conjugue à l'aide des flexions ;


Le verbe passif a une forme spéciale, conjuguée en partie comme l'actif.


Le verbe déponent a la forme passive et la signification active.


La syntaxe permet dans la construction de la phrase tel ordre de mots qu’il plaît au goût de l'auteur d'adopter.


Il y a donc entre ces deux grammaires un abîme qui les sépare et qui classe le français, l'italien et l'espagnol dans une famille de langues absolument distincte de la famille à laquelle appartient, avec le grec et le sanscrit, la langue latine.


Des êtres de natures contraires ne peuvent pas s'engendrer mutuellement ; et il est aussi monstrueux en philologie de vouloir que le latin ait produit le français et les langues similaires qu’il le serait en physiologie de vouloir qu’un quadrupède produisît un oiseau.


C'est parce qu’on s'est toujours arrêté à la surface de cette hypothèse, sans pénétrer jusqu’au principe même qu’elle formule, qu’on n’en a pas aperçu l'absurdité ; car si l'on avait constaté la nature absolument contraire du latin et du français, on n’aurait pas pu s'arrêter, même un seul instant, à l'idée que l'une de ces deux langues puisse procéder de l'autre.


(B. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, ch. v.)

 

 


Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 13:36

 

Une langue qui en se corrompant en produirait une autre ne saurait produire évidemment qu’une langue de même nature, de même génie, c'est-à-dire ayant la même grammaire.

 

Le latin que les cours de justice s'obstinèrent à employer dans la rédaction de leurs sentences, jusqu’au milieu du seizième siècle, était assurément bien corrompu ; mais, enfin, c'était encore du latin par ce qui constitue l'essence d'une langue, à savoir par les règles grammaticales.

 

Les phrases suivantes, extraites de la révision du procès de Jeanne d'Arc :

 

« Mortuus est faciendo fieri barbam suam », — il mourut en faisant faire sa barbe ;

 

« Bene est servare festa Nostrae Dominae ab uno buto usque ad alium », — il est bon d'observer les fêtes de Notre-Dame d'un bout à l’autre ;

 

« Volebant facere unam escarmoucham », — ils voulaient faire une escarmouche ;

 

Assurément, ces phrases sont écrites en un latin barbare, barbare par l'emploi de mots étrangers à la langue latine, tels que escarmoucha et butum ; barbare par l'emploi de tournures d'un goût absurde, telles que faciendo fieri barbam ; mais enfin, si barbare qu’il soit, ce latin est encore du latin. Les substantifs s'y déclinent suivant la règle des cas ; les verbes s'y conjuguent selon les lois des paradigmes, et les régimes des verbes s'y conforment aux principes de la syntaxe.

 

Tant qu’une langue ne change que son vocabulaire, en gardant sa grammaire, elle reste la même. On en trouve la preuve dans l'adoption d'une grande partie du vocabulaire grec par le latin littéraire, à partir de Térence.

 

C'est donc la grammaire qui constitue l'essence, la nature d'une langue. Max Müller consacre hautement ce principe, avec l'Espagnol Hervas (25) ; et il ajoute, à propos de la grammaire : « Qu’est-ce que la grammaire, si ce n’est la déclinaison et la conjugaison (26) ? »

 

Eh bien, ces principes de philologie simples, évidents, éternels, proclamés par tous les maîtres de la science, excluent d'une manière absolue l'hypothèse d'après laquelle le français, l'italien, l'espagnol seraient nés du latin, car la grammaire de ces trois langues, qui est identiquement la même, est radicalement contraire à la nature de la grammaire latine.

 

(A suivre.)

 

 

Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 12:07

 

Également en format Word

 

L’emploi de l’expression langue romane pour désigner la langue gauloise correspond avec l’établissement régulier des Francs dans la Gaule, c’est-à-dire avec le commencement du sixième siècle.

 

Quelle fut la cause de cette nouvelle désignation ?

 

L’établissement régulier et définitif des conquérants germains dans la Gaule eut pour résultat d’y faire vivre côte à côte, réunis sous un seul et même gouvernement, mais séparés par des législations civiles différentes, deux sortes d’habitants : les anciens Gaulois soumis, et les Germains leurs vainqueurs.

 

Les Germains, Francs ou Bourguignons, arrivèrent avec leurs coutumes, qui étaient la loi salique, la loi ripuaire et la loi gombette.

 

Les anciens Gaulois gardèrent leur législation civile propre, laquelle depuis Antonin le Pieux était, pour tous sans exception, le droit romain.

 

En vue de maintenir cette démarcation civile entre eux et les Gaulois, les conquérants se désignèrent eux-mêmes, dans leurs lois générales, sous leurs noms spéciaux, et ils donnèrent aux Gaulois le nom de Romains.

 

Pourquoi les Gaulois furent-ils appelés Romains ? — Parce que depuis la célèbre constitution d’Antonin le Pieux, in orbe romano, rapportée au Digeste (8), le titre de citoyen romain avait été accordé à tous les hommes libres de l’empire, et que dans les relations de la vie on disait indifféremment : Je suis citoyen romain, ou simplement : Je suis Romain.

 

On en trouve la preuve dans la revendication opposée par saint Paul au tribun de la cohorte de Jérusalem qui allait le faire battre de verges : « Le tribun, s’approchant, lui dit : Dis-moi, es-tu Romain ? — Paul répondit : Oui (9). »

 

On ne trouverait pas d’ailleurs dans l’histoire un fait mieux établi que cette qualification de Romains donnée aux Gaulois à partir de l’établissement définitif des Barbares.

 

« Tous ceux qui n’étaient pas originaires des provinces soumises à l’empire, disent les bénédictins continuateurs du Glossaire latin de Du Cange, étaient Barbares ; tous ceux qui appartenaient à ces provinces étaient Romains (10). » Ayant aussi à s’expliquer sur la signification du mot Romains, à la même époque, les bénédictins auteurs de l’Histoire littéraire de la France disent : « C’est ainsi que l’on nommait les anciens habitants des Gaules (11). »

 

Des textes en très grand nombre viennent confirmer cette doctrine générale. Nous allons placer les principaux sous les yeux du lecteur.

 

Un capitulaire de Clotaire Ier, de l’an 560, réglant d’une manière générale les juridictions du royaume, statue ainsi qu’il suit au sujet des Gaulois :

 

« Nous ordonnons que les affaires pendantes entre Romains soient terminées par les lois romaines (12). »

 

Le témoignage de la loi gombette, de la loi salique et de la loi ripuaire n’est pas moins formel.

 

La loi bourguignonne, qui est la plus ancienne des lois barbares (13), porte très clairement les traces de la distinction nominative faite par les conquérants eux-mêmes entre leur propre nation et la nation gauloise, qu’ils nomment romaine.

 

« Les administrateurs et les juges, appliquant nos lois amendées et réunies en un seul code, doivent dès à présent prononcer entre le Bourguignon et le Romain, sans rien recevoir des parties à aucun titre (14). »

 

« Sachent tous nos comtes, conseillers, domestiques, majordomes et chanceliers, tous Bourguignons et Romains, comtes des villes ou des villages, qu’ils ne doivent rien recevoir pour les causes plaidées ou les jugements rendus, sous peine d’être exclus de leurs fonctions (15).

 

Ainsi s’exprime la préface de la loi gombette. Le texte porte un grand nombre d’exemples confirmatifs de ces désignations.

 

« Quiconque aura détourné l’esclave d’autrui, son cheval, sa jument, son bœuf ou sa vache, Bourguignon ou Romain, qu’il soit mis à mort (16). »

 

« Tout libre, soit Bourguignon, soit Romain, qui aura volé un porc, une brebis, des abeilles, une chèvre, payera l’amende triple (17). »

 

Les autres lois barbares emploient les mêmes termes. On lit dans la loi salique :

 

« Si un Romain a enchaîné un Franc, sans motif légitime, il payera trente sous (18).

 

« Si au contraire un Franc a enchaîné un Romain, il payera quinze sous (19). »

 

On lit dans la loi ripuaire :

 

« Si un Ripuaire a tué un Franc voyageur, il payera deux cents sous.

 

« Si un Ripuaire a tué un Bourguignon voyageur, il payera cent soixante sous.

 

« Si un Ripuaire a tué un Romain voyageur, il payera cent sous (20). »

 

Les textes qui précèdent indiquent suffisamment, par l’infériorité sociale dans laquelle ils placent les Romains par rapport aux Bourguignons ou aux Francs, que ces Romains, ce sont les Gaulois. S’il pouvait rester d’ailleurs des doutes à cet égard, ils seraient complètement dissipés par le passage suivant de Frédégaire, où il est dit formellement que la désignation de Romains doit être entendue des Gaulois :

 

« Les Bourguignons, dit-il, après être restés deux années le long du Rhin, reçurent des envoyés qui, au nom des Romains, c’est-à-dire des Gaulois habitant la province lyonnaise, la Gaule chevelue, la Gaule soumise et la Gaule cisalpine, les engagèrent à s’exonérer du tribut (21). »

 

Le même chroniqueur donne d’une manière générale le nom de Romains à toutes les populations gauloises composant l’Aquitaine au huitième siècle, c’est-à-dire aux habitants du Berry, de l’Auvergne, du Limousin, du Poitou, de la Saintonge, du Quercy et du Rouergue (22).

 

Une formule d’inféodation contenue dans le recueil de Marculfe énumère très clairement les personnes de nations différentes qui pouvaient se trouver sous l’administration d’un feudataire : « Nous te confions l’autorité de comte, de duc dans tel pays, et toute la population qui y demeure ; Francs, Romains, Bourguignons et autres de toute nation, vivront sous ton autorité et ton administration, régulièrement soumis à leurs lois et à leurs coutumes (23). »

 

Sur quoi le savant Jérôme Bignon s’exprime ainsi : « Tous les Provinciaux de l’Empire romain devinrent citoyens romains par la loi in orbe, de statu hominum, d’Antonin. C’est pour cela qu’après la chute de l’empire ils conservèrent le nom de Romains (24). »

 

C’est donc, comme on voit, un fait clairement et incontestablement établi qu’à partir de l’établissement régulier des Barbares dans la Gaule les Gaulois furent appelés Romains, ce qui fit qu’en même temps leur langue fut appelée romaine ou romane (25).

 

C’est d’ailleurs ce que Du Cange déclare sans hésiter, dans les termes suivants : « Leur langue fut appelée ROMAINE, NON LATINE, et cette dénomination lui vint soit parce qu’elle était la langue des citoyens romains, ou anciens habitants de la Gaule, jadis soumis aux Romains, soit parce qu’en effet elle était bien différente de la latine (26). »

 

L’intérêt de la question traitée en ce chapitre exige même qu’il soit prouvé que les choses se passèrent en Espagne comme elles se passaient dans la Gaule.

 

En Espagne aussi la langue vulgaire prit à la même époque le nom de langue romane. La raison de ce changement de nom fut la même, c’est-à-dire que les Espagnols reçurent, également par rapport aux Barbares, le nom de Romains. C’est ce que prouve clairement un passage de la chronique de Sigebert de Gembloux, relatif à une expédition de Sigebold, roi des Goths (27), passage pleinement confirmé par Frédégaire, dans les termes suivants :

 

« Un duc nommé Francion, qui avait soumis la Biscaye dans le temps des Francs, avait longtemps payé des tributs au roi des Francs ; mais, cette province étant revenue à l’empire, les Goths s’en emparèrent, et Sigebold, ayant pris plusieurs cités de l’Empire romain sur les bords de la mer, les détruisit de fond en comble. Comme l’armée de Sigebold taillait en pièces les Romains, rempli de piété, il s’écriait : Malheur à moi, sous le règne duquel il se fait une si grande effusion de sang humain (28). »

 

Ainsi, langue romaine ou romane n’est pas, comme on l’a cru, une appellation imaginée pour désigner une langue nouvelle. C’est le nom nouveau qui fut donné dans la Gaule à l’antique langue des habitants, lorsque l’établissement régulier et définitif des Barbares leur fit donner à eux-mêmes le nom de Romains.

 

C’est donc sans preuves d’aucune sorte, par une pure hypothèse restée sans justification, que des savants ont expliqué le nom de langue romane, en disant qu’elle procédait, par corruption, de la langue des Romains, ou du latin.

 

Le latin ne s’appelait pas lingua romana, mais lingua latina, ou sermo latinus (29).

 

La suite ici

 

(B. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, chap. 3.)

 


Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:57

 


 

Extrait de l'Histoire des origines de la langue française de Granier de Cassagnac traitant des langues  effectivement parlées dans l’armée romaine en Gaule. À ma connaissance, personne auparavant ne s’était chargé de ce travail élémentaire, et personne ne l’a fait après lui. On se demande bien pourquoi.

 


Après y avoir mûrement réfléchi, nous croyons qu’il n’y a qu’un système plausible qui puisse être proposé pour expliquer comment la langue latine se serait établie dans la Gaule, et y aurait pris la place des dialectes nationaux ; ce serait de dire que la langue latine a été propagée dans la Gaule par les armées des Romains, et qu’elle y a été consolidée par leur administration.

Si l’étude historique de ce système ne justifiait pas l’hypothèse de la propagation du latin par les légions, et prouvait au contraire que ce mode de propagation n’a été ni réel ni possible, il faudrait nécessairement conclure alors de cet examen que la doctrine de Barbazan, de Roquefort, de Raynouard, de l’Académie française, de l’École des chartes sur la formation de la langue française est une chimère, et chercher dans la communauté d’origine du français et du latin l’explication de la communauté de leurs mots.

César employa pour conquérir la Gaule neuf années et onze légions, sans compter des corps nombreux d’auxiliaires italiens, crétois, baléares, germains, et une nombreuse cavalerie espagnole, gauloise et germaine.

D’où provenaient ces légions ? Quelles langues parlaient-elles ? En quels endroits de la Gaule furent-elles placées ultérieurement en quartiers d’hiver et en garnison ? Quelle action purent-elles exercer sur la langue gauloise ?

Telles sont les questions que nous allons examiner.

 

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Au sortir de son consulat, l’an de Rome 696, l’an 53 avant l’ère vulgaire, César obtint par un plébiscite et pour cinq ans le gouvernement de la Gaule cisalpine et de l’Illyrie. Le sénat y joignit la Gaule chevelue, c’est-à-dire toute la Gaule transalpine. Les Romains ne possédaient alors de la Gaule transalpine que la Province dite narbonnaise, comprenant la Savoie, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc et le Roussillon.

On reçut à Rome l’avis que les Helvétiens, nation gauloise, se proposaient d’émigrer en masse vers la Saintonge, en traversant et, selon toutes les apparences, en ravageant la Province romaine. Le départ était fixé au cinquième jour avant les calendes d’avril ; c’est-à-dire au 25 mars.

César arriva en hâte à Genève, ville appartenant à l’Allobrogie, ou à la Savoie, et par conséquent à la Province. Il s’y assura de l’exactitude du projet des Helvétiens, dont les chefs vinrent lui demander la permission de passer le Rhône sur le pont de Genève et de traverser le pays des Allobroges. César ajourna sa réponse aux ides d’avril, c’est-à-dire au 8 de ce mois. Il voulait se donner le temps de réunir ses forces pour barrer le chemin à l’émigration.

On avait donné à César quatre légions. Une gardait la Province, disséminée entre Toulouse et le Léman ; les trois autres étaient dans leurs quartiers d’hiver, près d’Aquilée, à l’entrée de l’Illyrie. Ces quatre légions étaient composées de vieilles troupes ; c’étaient la septième, la huitième, la neuvième et la dixième. En les supposant complètes, c’était un effectif moyen de 16 000 fantassins et de 800 chevaux, sans compter, il est vrai, les troupes auxiliaires.

Ces forces étaient néanmoins insuffisantes pour arrêter ou combattre les Helvétiens.

Sans perdre un moment, César ordonne une forte levée dans toute la Province. Cette levée lui fournit des fantassins auxiliaires et de la cavalerie ; réunie à une autre levée de cavalerie, faite chez les Éduens, elle formait un corps de 4 000 chevaux.

Avec ces deux levées et la légion qu’il avait déjà dans la Province, il fait fortifier et défendre tous les passages du Rhône, depuis le lac Léman jusqu’au pas de l’Écluse.

Fort de ces ressources provisoires, César fait rompre le pont de Genève ; il court en Italie; il y lève, dans son gouvernement, deux nouvelles légions, qui sont la onzième et la douzième ; il fait arriver d’Aquilée les trois légions qui s’y trouvaient dans leurs quartiers d’hiver ; et, revenu dans l’Allobrogie avec une promptitude presque incroyable, il joint les Helvétiens au moment où, après avoir renoncé à forcer le passage du Rhône, ils venaient de franchir les défilés du Jura, et atteignaient par leurs têtes de colonne les bords de la Saône, sur le territoire des Éduens.

Arrêtons-nous ici un instant dans la question militaire, et revenons à la question philologique.

César commande six légions, des auxiliaires à pied et 4 000 hommes de cavalerie, également auxiliaires.

Les cavaliers auxiliaires sont des Gaulois transalpins, appartenant à peu près par moitié aux pays de la Province et aux pays de la Bourgogne. Les fantassins auxiliaires appartiennent tous à la Province. Le corps entier des auxiliaires, tant à pied qu’à cheval, est donc Gaulois, et par conséquent parle gaulois.

Restent les six légions, quatre anciennes et deux nouvelles. Quelles langues parlaient-elles, ou, ce qui revient au même, dans quels pays avaient-elles été levées ?

Telle est la question à résoudre.


(M. A. Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, 1872.)


La suite ici.

 

 


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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:51
Lorsque Rome avait soumis un peuple, elle se l'attachait par des faveurs. La plus ambitionnée de toutes était celle de citoyen romain. Elle fut accordée peu à peu aux premières familles de la Gaule et de l'Espagne, pays riches et guerriers dont la jeunesse fournissait la principale force des armées romaines. A cette première faveur vint s'ajouter celle qui était le couronnement de toutes les autres, l'admission au sénat.

La juste ambition d'être associé aux droits et au gouvernement des Romains détermina donc, dans tous les pays soumis, un certain nombre de familles à faire apprendre le latin à leurs enfants. On se préparait alors ainsi aux fonctions publiques de l'Empire romain, comme on se prépare aujourd'hui, par le baccalauréat, aux fonctions publiques de l'Empire  français (1) ; mais de même qu’aujourd'hui la connaissance du latin, donnée dans de nombreux collèges à cent mille fils de famille, ne fait pas que le latin soit devenu la langue de la France ; de même cette connaissance donnée, sous le gouvernement romain, à quelques centaines d'écoliers, dans une dizaine de collèges, ne pouvait pas faire que le latin devînt la langue de la Gaule, de l'Espagne ou de l'Italie.

Une langue étrangère n’est pas une maladie qui se gagne par le contact ; c'est une science difficile, qui ne s'acquiert qu’avec du temps, de la patience et de l'aptitude.

On trouve donc parmi les anciens Gaulois beaucoup de personnes qui cultivaient les lettres ; non seulement les lettres nationales, comme les bardes, mais aussi les lettres latines. Parmi ces dernières, les unes se destinaient aux écoles de déclamation ou à la plaidoirie ; les autres étaient généralement des enfants de puissantes familles, poursuivant la carrière des emplois et des honneurs publics ; mais à cette époque, encore bien moins qu’à la nôtre, le peuple des villes ou celui des campagnes n’avait ni le loisir, ni la fortune, ni l'ambition nécessaires pour aller dans les écoles apprendre le latin.

Or personne ne le sait sans l'avoir appris, car beaucoup l'ignorent même après l'avoir étudié.

(Adolphe Granier de Cassagnac, Histoire des origines de la langue française, chap. 5, Paris, 1872.)

(1) En fait, l'Empire, que Granier avait soutenu avec zèle, avait sombré depuis deux ans quand parurent les Origines.



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:02

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre treizième.



CULTURE DES PATOIS CELTIQUES ET FORMATION DES LANGUES
LITTÉRAIRES.— L’ITALIEN, L’ESPAGNOL, LE FRANÇAIS.


Culture des langues vulgaires en France, en Italie et en Espagne. — Mode de formation des langues littéraires. — FRANCE. — Quels sont les plus anciens, des troubadours ou des trouvaires ? — Question mal posée. — Il y a toujours eu des poètes en Gaule ; mais les poésies les plus anciennes venues jusqu’à nous sont celles d’un troubadour, Guillaume IX, comte de Poitiers. — Celles de Wace, trouvaire normand, sont postérieures. — Ils continuent les bardes. — En quelle langue ont écrit les troubadours ? — Est-ce en provençal ? — Est-ce en limousin ? — Examen détaillé de cette question. — Ils ont écrit chacun dans la langue de son pays ; mais avec des termes de convention et de mode littéraire, qui fit de leur langage un parler factice. — Sources des documents sur les troubadours et sur les trouvaires. — Le Monje des isles d’or et Claude Fauchet. — Caractère, rôle, influence des troubadours. — Leurs protecteurs. — Leur hiérarchie. — Les cours d’amour. — Leur nombre, leur résidence, leurs arrêts. — Dialectes divers employés par les troubadours. — Exemples. — Expansion de la culture des langues d’oc. — Fondation de l’Académie des mainteneurs à Toulouse, en 1323. — Elle est la plus ancienne de l’Europe. — Son rôle. — Elle cultive la gaye science, ou la poésie en langue vulgaire. — Les anciens poètes gaulois du Midi se nommaient félibres, c’est-à-dire bons vivants. — Claude Fauchet a donné une liste de 127 trouvaires, qui remplissent le douzième et le treizième siècle. — Leurs noms et leurs œuvres. — ITALIE. — Les premiers poètes italiens adoptèrent d’abord la langue des troubadours. — Ils la quittèrent bientôt pour cultiver les dialectes de l’Italie. — Noms de tous ces poètes. — Les ouvrages de Dante font pencher la balance en faveur du dialecte de Florence. — Il devient la langue italienne. — Académie de Florence fondée en 1582. — ESPAGNE. — La langue des troubadours fut adoptée par les poètes catalans, aragonais et valenciens. — Faveur immense dont jouit cette langue. — Académie de Barcelone, fondée en 1390. — La Castille se préserve de l’invasion de cette langue étrangère et factice. — Création de la littérature castillane. — Poème du Cid. — Bercéo. — Lorenzo d’Astorga. — L’archiprêtre de Hita. — Alphonse le Sage. — Charles Quint trouve la langue castillane toute formée, et il en fait la langue officielle de L’Espagne. — En France, la formation de la langue fut beaucoup plus longue. — Essai d’une académie au treizième siècle. — Académie fondée par Baïf, au seizième. — Le perfectionnement de la langue commence à la Renaissance, et dure un siècle et demi. — Lettrés qui y prennent part. — But qu’ils se proposent. — Triple pensée qui les guide. — Constitution du dialecte français. — Sa séparation d’avec les autres. — Froissard, Rabelais, Montaigne n’ont pas écrit en dialecte français. — Action des lettrés et de l’hôtel de Rambouillet. — Qualités constitutives de la langue française. — Elle leur doit son universalité, parce que seule elle les possède. — Elle survivrait à la nationalité.




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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:58

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre XII.



RENAISSANCE DES NATIONALITÉS ET DES LANGUES CELTIQUES.
ON ÉCRIT DE NOUVEAU LES PATOIS.


La chute de l’Empire romain fait renaître les nationalités et les langues celtiques. — Ces langues sont employées dans la rédaction des actes. — En Italie, le plus ancien monument en patois est une charte corse de l’année 719. — Doutes de Muratori. — Discussion de cette charte. — Elle est authentique. — Les patois italiens deviennent d’un usage général à la fin du treizième siècle. — En France, le document patois développé le plus ancien, ce sont les serments de Strasbourg, de 842. — Fragments plus anciens encore. — Les serments de Strasbourg sont rédigés dans la langue des trouvaires. — Examen et preuve. — Textes romans du dixième siècle. — Tableau des patois, du douzième au quatorzième siècle. — Patois du Rouergue, de Montpellier, de Manosque, de Brive, de Bordeaux rive gauche, ou gascon ; de Bordeaux rive droite, ou gavache ; patois lorrain, champenois, artésien, berrichon, français ; patois d’Agen, de Périgueux, du Béarn, de la Gascogne. — En Espagne, les patois étaient en usage au dixième siècle ; témoignage de Luitprand. — Les Goths, les Arabes, les Maures respectèrent ces patois. — A partir du treizième siècle, ils devinrent d’un usage général. — En France, au contraire, le latin et les patois furent employés simultanément. — Exemples de ce parallélisme jusqu’au seizième siècle. — Charles VIII est le premier qui bannit le latin des procédures. — Ordonnance de 1490. — Louis XII l’imite par l’ordonnance de 1512. — François Ier complète l’œuvre, par l’ordonnance de 1539. — Anecdotes à ce sujet. — Il reste à faire un dernier effort pour bannir l’usage du latin. — Charles IX en 1562, et Louis XIII en 1629, accomplissent cette réforme. — En cette année 1629, Corneille débutait, en faisant jouer Mélite.




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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:54

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre XI.



LATIN LITTÉRAIRE DE ROME. SA FORMATION ET SA CHUTE
COMME LANGUE PARLÉE.


Études sur la nature du latin de Rome. — Travaux des Anciens et des Modernes. — Les Anciens considéraient Rome comme une ville grecque, et le latin de Rome comme dérivé du grec. — Opinions et preuves. — À quelle époque la langue latine de Rome commença à être modelée sur le grec. — Éléments italiens de ce latin. — Ses éléments grecs. — Environ trois mille mots grecs y sont introduits. — Par qui et à quelle époque ? — Le vocabulaire latin est donc grec en grande partie. — La grammaire latine se façonne sur la grecque. — Ce travail commence à Plaute et à Térence. — Études grecques à Rome. — Abus du grec. — Néanmoins ce latin, fait à l’image du grec, ne dépasse pas les limites de la société lettrée, formée par les écoles publiques. — Organisation de l’enseignement à Rome. — Lois des empereurs à ce sujet. — Hors de Rome, le latin est une langue écrite, non généralement parlée. — Il disparaîtra avec la société aristocratique de Rome. — C’est par la chute de cette société, non par l’invasion des barbares, que le latin a disparu comme langue parlée. — Les gouvernements barbares ont tous maintenu le latin comme langue écrite. — Dispersion de la société aristocratique de Rome. — Invasions d’Alaric, de Genseric et de Totila. — La ville est pillée, la population est dispersée, les monuments sont détruits. — Rome, abandonnée, est peuplée par les bêtes fauves. — Les Romains chassés, elle est repeuplée et rebâtie par des populations de toute l’Italie. — On n’y parle plus latin, mais italien. — Poète anonyme du VIe siècle qui constate cet état de choses, — Délivrées du joug de Rome, les nationalités et les langues celtiques se réveillent. — Renaissance et culture des patois, en Italie, en Gaule et en Espagne.



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:49

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre X.



LATIN VULGAIRE, OU PATOIS ANTIQUE DU LATIUM.


Le latin classique n’est pas la langue du Latium, mais celle de Rome. — Les Latins et les Romains sont deux peuples différents ; ils ont deux langues distinctes. — Le latin vulgaire ou patois du Latium fut toujours ce qu’il est encore, une langue ne déclinant pas avec des cas, et ne conjuguant pas avec des flexions. — Les Pélasges et les colons grecs ont donné au latin les terminaisons en us et en um. — Beaucoup de villes italiennes et de noms propres ont conservé, sous la domination romaine, leurs noms primitifs, terminés en i et en o. — Exemples. — Substantifs italiens antiques restés indéclinables à tous les cas de la déclinaison latine. — Exemples. — Comment le latin vulgaire du Latium formait-il le pluriel des mots et les cas ? — Pluriel formé par une s. — Exemples. — Génitif du latin du Latium formé avec la préposition DE, à la gauloise. — Exemples. — Datif formé par la préposition AL. — Le latin du Latium avait-il l’article LE, LA, LES ! — Opinion de Muratori sur son origine. — L’équivalent se trouve dans Plaute et dans Térence. — Il est dans l’osque et dans l’étrusque. — Bases de la conjugaison dans le latin vulgaire du Latium. — Comme l’ombrien et l’osque, elle emploie les auxiliaires, — Exemples et analogie, tirés du latin littéraire et de Cicéron. — Série de substantifs et de verbes appartenant au latin du Latium. — Ils sont étrangers au latin littéraire, et se retrouvent tous dans nos patois. — Mots du latin antique, et qui sont gaulois. — Ainsi, la grammaire et le vocabulaire du latin vulgaire étaient gaulois. — Ils sont restés tels. — Vers en patois moderne du Latium. — Leur traduction littérale en gascon prouve leur identité avec nos patois. — Nom que portait à Rome le latin du Latium ou rustique. — On l’appelait latin vulgaire, militaire, usuel ou quotidien. — Auguste s’en servait dans sa correspondance. — César avait des interprètes pour ce latin. — On l’enseignait régulièrement à Rome. — Maîtres qui l’apprirent à Marc-Aurèle. — Sidoine Apollinaire l’écrivait.


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Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:45

Histoire des origines de la langue française,
d'Adolphe Granier de Cassagnac.



Chapitre IX.



PATOIS ANTIQUES DE L’ITALIE. — L’OMBRIEN, L’OSQUE, L’ÉTRUSQUE.


Commencement modeste de la nation romaine. — Isolement des peuples italiens, causé par la différence de leurs langues. — Les Romains leur donnent plus tard un lien, par la langue latine. — Nombre et diversité des alphabets italiens. — Langues antiques de l’Italie retrouvées dans les inscriptions. — Nombre de ces inscriptions. — Temps qu’il a fallu pour les lire et les interpréter. — Six langues principales de l’Italie antique. — Latin rustique, ombrien, sabin, osque, étrusque, gaulois. — Leurs limites. — C’étaient les dialectes d’une même langue. — Les anciens Italiens s’entendaient avec peine ; les Romains ne les entendaient pas. — Preuves de ce fait. — Ce phénomène se reproduit dans l’Italie moderne, en Espagne et en France. — Comparaison de l’OMBRIEN et du LATIN. — Comparaison de l’OSQUE et du LATIN. — Ces trois langues avaient un vocabulaire commun. — Elles étaient trois dialectes de l’italien antique. — DIALECTE ÉTRUSQUE. — Principes qui doivent présider à son étude. — Le toscan moderne doit ressembler à l’étrusque ancien. — Les Grisons ou Rhètes sont Étrusques. — Témoignages des historiens. — Leur langue justifie ces témoignages. — Exemple. — Il faut distinguer la langue sacrée des Étrusques de leur langue populaire. — La première est encore un mystère. — Inscriptions en langue sacrée. — Inscriptions en langue populaire. — Elles sont dans les tombeaux. — Sens de larth, de thana, de sec, d’avil. — Erreur des philologues. — Détails. — Ril. — Sens de lupu. — De tularu. — Nom des femmes étrusques. — Nom des enfants. — Interprétation de mots étrusques. — Turcis. — Lanista. — Phius. — Subulo. — Arakos. — Aesar. — Tous ces mots sont gaulois. — Noms d’hommes, de héros, de dieux. — Les patois antiques de l’Italie déclinent et conjuguent comme les dialectes gaulois. — Erreurs des épigraphistes réfutées par les textes mêmes. — Exemples. — Les patois antiques de l’Ombrie, du Samnium sont les mêmes que les patois français actuels. — Preuves. — Ils ne venaient pas du latin. — Il en est de même des patois italiens modernes. — Exemples. — Ils sont identiques à nos patois. — Les uns et les autres sont donc nationaux, originaux, et non dérivés.


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Par Gilles Gomel - Publié dans : Granier de Cassagnac
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La raison d'être de ce blog est de faire connaître, en les rendant directement accessibles, les écrits de ceux qui, tels Adolphe Granier de Cassagnac il y a un siècle et demi ou, naguère, Michael John Harper, ont combattu le préjugé selon lequel le français et les langues sœurs seraient dérivés du latin. Faisant la claire démonstration que le néo-latinisme est une doctrine contraire au bon sens, aux témoignages de l'histoire et aux règles élémentaires de la philologie, ces auteurs ont apporté la preuve que le français, à l'instar des autres langues dites romanes, est un idiome fort ancien, qui n'a pu nous être apporté par l'occupant romain.

Dans cette perspective, la partie essentielle de ce site est sa bibliothèque ("Les introuvables"), qui figure ci-dessous.

 

 
Les introuvables

  


Adolphe Granier de Cassagnac

   

Une critique d'Essai sur la littérature italiennne, d'Estelle d'Aubigny, parue dans la Presse du 12 août 1839. (ICI)


Antiquité des patois.
Antériorité de la langue française sur le latin,

1859. (ICI)

  
Histoire des origines de la langue française,
1872
Préface (ICI)
Chapitre premier (ICI)
Chapitre II (ICI) 
Chapitre III (ICI)
Chapitre IV (ICI)
Chapitre V (ICI)
Chapitre VI (ICI)
Chapitre VII (ICI)
Chapitre VIII (ICI)
Chapitre IX (ICI)
Chapitre X (ICI)
Chapitre XI (ICI)
Chapitre XII (ICI)
Chapitre XIII (ICI)

 

    

Eugène Hins

     
"L'opinion que les langues romanes dérivent du latin a-t-elle un fondement historique ?

Revue de linguistique et de philologie comparée (1887) (ICI)

"Le genèse de la conjugaison française"

 Revue de linguistique et de philologie comparée (1889) (ICI)  

 

 

Auguste Callet

     
"Le système étymologique de Littré et de son école"
Mercure de France, 16 avril 1911 (article posthume) (ICI)

 
La Légende des Gagats.

Essai sur les origines de Saint-Étienne en Forez,

1866. (ICI)

    


J. Lefebvre (Jean Espagnolle ?)

   
"Les langues néo-latines",

 La Nouvelle Revue, 1892.
 Première partie
(1)
 Seconde partie (2)

    

   
Jean Espagnolle


"Examen critique des doublets de M. Brachet"
Revue de la Société des études historiques, 1888. (ICI)

     

  

J.-L. Dartois (Jean Espagnolle)


Le Néo-latinisme, 1909. (ICI) 

     

    

Michael John Harper  

   

The History of Britain Revealed

 (l'histoire de l'île de Bretagne révélée), 2002-2006. 

J'ai traduit le troisième chapitre consacré aux origines du français, grâce à l'aide précieuse de Hatty. (ICI)


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