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    <title><![CDATA[La langue verte et la cuite]]></title>
    <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/</link>
    <description>Ce blog soutient que les langues romanes ne dérivent pas du latin ; qu'au contraire le latin primitif était un patois celtique, au même titre que tous les idiomes indigènes de la Gaule, de l'Espagne, de l'Italie, etc.</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Wed, 08 Feb 2012 16:23:14 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 16:23:14 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.la-langue-verte-et-la-cuite.com</copyright>            <category>Divers</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Champollion-Figeac (2)]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-champollion-figeac-2-80983833.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="color: #333333;"><strong><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;">Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires</span></strong> <strong><span style=
    "font-size: 14pt; font-family: Arial;">de la France</span></strong><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;">&nbsp;</span> <span style="font-size: 12pt;"><strong><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">(2)</span></strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">Une suite de siècles et des circonstances impérieuses peuvent seules dénaturer les langues. En parcourant les diverses époques
    de celle de la Gaule, et plus particulièrement de la langue vulgaire du département de l’Isère, en constatant son état actuel, on reconnaîtra la vérité de cette assertion, qu’une langue reste
    pendant longtemps elle-même, et conserve pour ainsi dire constamment le caractère de son origine. Si cette vérité est applicable à la langue française, que les hommes célèbres dans chaque partie
    des sciences et des lettres ont si souvent soumise à leur goût et si souvent à leurs caprices, avec plus de raison encore cette vérité est-elle sensible lorsqu’il s’agit de ces idiomes soustraits
    par leur nature aux recherches des sens instruits et aux caprices de la mode. En indiquant l’état de la langue vulgaire du département de l’Isère dans les diverses époques de son histoire, nous
    fournirons une nouvelle preuve de cette assertion.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">On admettra sans doute, comme nous venons de le dire, que les langues ne se dénaturent qu’à la longue ; les idiomes de la Gaule
    le prouvent, et ceux des contrées éloignées rendent le même témoignage. Ainsi saint Augustin, pour remplir les devoirs de son ministère en qualité d’évêque du diocèse d’Hippone en Numidie, fut
    obligé d’avoir des interprètes qui parlassent punique pour se faire entendre des habitants de la campagne (1), et cependant depuis plus de six cents ans (2) les Romains avaient porté la langue
    latine dans la Numidie (3); mais en Afrique comme dans les Gaules, le latin fut la langue du gouvernement, des hommes instruits et des fonctionnaires&nbsp;; <em>mais jamais elle ne fut celle du
    peuple&nbsp;:</em> dans la Gaule, il parla toujours le celtique, qui s’altéra graduellement, qui prit peu à peu une physionomie latine, physionomie qui l’a fait appeler mal à propos latin
    vulgaire, parce que <em>la langue latine n’a été dans aucun temps la langue vulgaire des Gaules.</em> Ce que nous allons dire pour démontrer cette vérité trop longtemps contestée, et qu’il faut
    enfin reconnaître, se rapporte également et à tous les idiomes de la Gaule en général, qui n’avaient dans le principe que quelques différences d’inflexions, et à l’idiome de l’Allobrogie en
    particulier, qui avait aussi son inflexion particulière.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;"><img src="http://img.over-blog.com/245x300/1/98/52/61/06-Membres-fondateurs-IIREFL.jpg" class="CtreTexte" alt=
    "06-Membres-fondateurs-IIREFL" height="300" width="245"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">Les Romains, maîtres de la Gaule, y parlèrent latin et se servirent de cette langue dans tous les actes émanés de leur
    gouvernement. Nous avons déjà dit que les fonctionnaires publics et les hommes instruits parmi les Gaulois furent les seuls qui parlèrent dès lors la langue des Romains. On a cru prouver le
    contraire, et établir que le latin fut la langue vulgaire des Gaulois, en rapportant que les prédicateurs de la morale évangélique qui vinrent répandre le christianisme dans les Gaules écrivirent
    en grec ou en latin. On a cité particulièrement saint Irénée ; on a dit que saint Jérôme écrivant à Hédibie et à Algazie, saint Hilaire de Poitiers à sa fille, Sulpice Sévère à sa belle-mère, et
    saint Avit de Vienne à sa sœur, rédigèrent leurs lettres en latin ; enfin que Sidoine Apollinaire cite les ouvrages d’Horace, de Varron, de Prudence et de saint Augustin, comme les ouvrages à la
    mode parmi les dames gauloises (4). Mais nous demanderons d’abord si les prédicateurs évangéliques, si saint Jérôme, saint Hilaire, Sulpice Sévère et autres auteurs qui tenaient tous à l’Église,
    étaient obligés de connaître la langue des Gaulois, <em>eux qui étaient presque tous étrangers aux Gaules,</em> et ensuite, en accordant même qu’ils connussent cette langue, nous demanderons
    encore s’ils auraient osé s’en servir dans leurs écrits, puisque l’Église avait adopté exclusivement l’usage du qrec et du latin, et que le latin était le seul idiome professé dans les académies
    de la Gaule, le seul dont se servissent les gens instruits, quoique le celtique fût généralement parlé par la masse des individus. Ajoutons que saint Irénée lui-même écrit à un de ses amis que
    depuis qu’il vit parmi les Gaulois, il a été obligé d’apprendre leur langue. N’oublions pas non plus que le sceptre de fer des Romains était toujours là pour prescrire la propagation du latin,
    qui était la langue de l’État. Ainsi un habitant des départements méridionaux de la France qui écrira un ouvrage, même une simple lettre, l’écrira en français, quoique le provençal ou le
    languedocien soit sa langue maternelle et une langue cultivée. Ainsi dans les départements réunis, un délai fatal fixé par le gouvernement a établi l’usage irrévocable de la langue française dans
    les actes publics, et on écrit tout en français, quoiqu’on y parle vulgairement allemand, piémontais ou italien. Dans l’étude des Anciens, on ne doit jamais perdre de vue ce qui se passe chez les
    modernes dans des circonstances semblables, parce que les hommes ont eu dans tous les temps les mêmes besoins et les mêmes passions. Répétons donc que les assertions que nous venons de réfuter ne
    peuvent nullement servir à prouver que le latin ait été à une époque quelconque la langue vulgaire des Gaules. Le peuple des villes, le peuple des campagnes, et particulièrement celui des
    montagnes, conservèrent la langue de leurs pères, et c’est celle langue altérée et mêlée de mots latins que les Romains appelèrent dédaigneusement <em>langua rustica,</em> langue rustique, langue
    des campagnards ; mais cette langue rustique résista longtemps à toutes les entreprises des latinisants, et dans les deux premiers siècles de l’ère vulgaire, elle subsista toute entière,
    puisqu’au troisième, en 230, une ordonnance de Septime Sévère porte que les fidéicommis seront admis dans toutes les langues, non seulement en latin et en grec, mais encore <em>in gallicana,</em>
    en langue gauloise, qui n’était sûrement pas la latine (5).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">(1) Bonamy, <em>Académie des Belles-Lettres,</em> xxiv, 589. («&nbsp;Quoique du temps de saint Augustin la latine fût
    certainement la langue dominante dans le diocèse d’Hippone, environné de tous côtés de colonies romaines, il nous apprend cependant qu’il était obligé d’avoir des prêtres qui <em>parlassent</em>
    la langue punique, pour l’instruction des gens de la campagne.&nbsp;»)</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">(2) L’an 201 avant J.C.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">(3) Ainsi, après la conquête de la Perse par le calife Othman, les actes publics du gouvernement furent écrits en arabe; mais le
    peuple conserva toujours sous la domination des Arabes sa langue maternelle, c’est-à-dire le persan. Ainsi en Égypte les naturels égyptiens ont conservé pour ainsi dire jusqu’à nos jours leur
    propre langue, le copte, quoique leur pays ait passé successivement sous la puissance des Pasteurs, des Éthiopiens, des Perses, des Grecs, des Romains, des Arabes et des Turcs. Ainsi enfin les
    Chinois ont conservé leur langue, quoique depuis plusieurs siècles la langue de la cour et celle des actes publics soit le tartare-mandchou.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">(4) Discours préliminaire du <em>Glossaire de la langue romane,</em> par M.&nbsp;Roquefort (Paris, 1808, 2 vol. in-8°), ouvrage
    indispensable pour l’étude de l’ancienne littérature française, et dont j’ai rendu compte dans <em>le Moniteur</em> du 26 juin 1808.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;">(5) <em>Digest.,</em> lib. XXXII, tit. I, p.11.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><span style="font-size: 8pt;">(Tiré de Jacques-Joseph Champollion-Figeac, <em>Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes
    vulgaires de la France,</em> 1809.)</span><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><strong>L'intégrale <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/98/52/61/Champollion-Figeac/nouvellesrecherc00chamuoft.pdf">ICI</a></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 06 Aug 2011 14:20:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8aa2c8312c362e3d867c004ef7a78f00</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Champollion-Figeac (1)]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-champollion-figeac-1-80036011.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="color: #333333;"><strong><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;">Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires</span></strong> <strong><span style=
    "font-size: 14pt; font-family: Arial;">de la France</span></strong> <span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">(1)</span></strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">« C’est de la langue vulgaire des provinces que se sont formées les langues française, espagnole et italienne (1). »</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">Il semble que cette vérité, que l’on prendra peut-être pour un paradoxe, va être enfin reconnue par rapport à la langue
    française. Le gouvernement, intéressé à connaître l’histoire des origines et du perfectionnement de cette langue, veut faire constater les unes et faire discuter les autres (2). Dans cette
    détermination on reconnaît ce même esprit qui donne l’impulsion à tout ce qui se rattache à l’utilité publique, et, sous plusieurs rapports, les patois ou les langues vulgaires des provinces y
    sont étroitement liés. Documents précieux pour l’histoire, ils ont été pendant longtemps le moyen qu’employaient les peuples des parties méridionales de l’Europe pour un mutuel échange d’idées,
    pour le lien commun de leurs rapports politiques et commerciaux.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">Ces considérations suffiraient pour donner une grande importance à ces langues vraiment anciennes, quand même leur usage ne
    rappellerait pas l’existence d’un peuple célèbre qui, tour à tour vainqueur et vaincu, ne fut enchaîné avec la liberté des Gaules qu’après avoir fait trembler Rome pour la sienne ; (...).
    Intéressés par leur propre gloire à obscurcir celle des autres, les Romains ne nous ont transmis sur les Gaulois que des idées fausses en général, ou tout au moins suspectes ; il semble que ce
    n’est qu’à regret, ou sans y penser, qu’ils ont laissé échapper l’aveu des pratiques agricoles (3), des moyens industriels&nbsp;(4) , des usages d’économie publique et privée (5), je dirai même
    des raffinements du luxe (6) qu’ils empruntèrent des Gaulois. Soumettant à leurs armes les villes et les campagnes, ils voulurent aussi soumettre à leur police l’esprit de leurs habitants, leur
    donner Jupiter pour Dieu et Rome pour patrie. Industrieux en moyens, les Romains n’en négligèrent aucun pour réussir contre les Gaulois, et la langue des Gaules soumises fut particulièrement
    atteinte de proscription.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Arial; color: #333333;">Mais ce qu’une longue suite de siècles peut à peine altérer, les armes victorieuses des Romains auraient-elles pu le détruire ?
    Indépendante comme l’opinion, une langue reste presque toujours elle-même, et conserve pour ainsi dire constamment le type de son origine ; ainsi le souvenir de la langue celtique existera
    pendant longtemps encore; il est attaché à l’existence de la langue française ; et si, à son riche patrimoine, celle-ci a vu successivement ajouter les dépouilles de ses voisines, elle n’a pas
    pour cela renoncé à la partie de son domaine que lui a acquise une possession d’un plus grand nombre de siècles.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #333333;"><span style="font-size: 12pt; font-family: Arial;">Toutes les fois que l’esprit de recherches se dirigera sur la langue de la grande nation, le celtique sera le
    point de départ et attirera les premiers soins. Il en faudra beaucoup pour démêler ce que le séjour des Romains fit ajouter de mots et de tournures de la langue latine à la langue antique des
    Gaules. Cette époque est la plus intéressante et pour la langue celtique et pour la langue française. Le mélange de la première avec le latin, et la corruption de l’une et de l’autre donnèrent
    naissance au roman, avant que l’arrivée des Francs dans les Gaules eût mis en concurrence avec lui le dialecte tudesque ou le <em>Frank teuch</em> ; et celui-ci, relégué bientôt après dans les
    contrées du Nord, laissa enfin les Gaulois en possession de la langue romane, qui, polie et cultivée, est devenue la langue de la France, la langue politique de l’Europe.</span><span style=
    "font-family: Arial; font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;">(1) Bonamy, <em>Acad. des Belles-Lettres</em>, xxiv, 597.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;">(2) J’ai indiqué dans la préface les lettres ministérielles qui ont donné lieu à la rédaction de ce
    mémoire.</span><span style="font-family: Arial;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #333333;"><span style="font-family: Arial;">(Voir</span> <a href=
    "http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/nouvelles_recherches_patois.html">http://www.bibliotheque-dauphinoise.com/nouvelles_recherches_patois.html</a>.)</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;">(3) Selon Caton l’Ancien et Pline, les Romains durent aux Gaulois l’usage d’employer la marne et la chaux à féconder les terres,
    et la connaissance de la herse ferrée, de la faux, des tamis, sacs et bluteaux en crin, des vases d’airain, etc.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;">(4) Ce sont les Gaulois qui, selon Pline , inventèrent toutes sortes de roues et de voitures utiles ou de luxe qu’on employait
    en Italie , l’étamage des vases de ménage, le vilebrequin et les tarières , etc.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;">(5) Le même Pline et Philostrate rapportent que c’est des Gaulois que les Romains apprirent l’usage des métaux dans les
    monnaies, celui de fixer le poids que devait porter une voiture en raison de la forme de ses roues. Pline avoue aussi que les Gaulois connurent l’art de faire le verre avant les Romains.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;">(6) Les empereurs romains adoptèrent, pour leurs vêtements, malgré la critique et les railleries du peuple, les riches étoffes
    dont étaient habillés les chevaliers gaulois, et qui se fabriquaient dans la Gaule. C’est aussi dans la Gaule que les Romains apprirent l’art de dorer et d’argenter les brides et les harnais des
    chevaux. Au rapport de Pline, les Gaulois imitaient dans leurs manufactures la pourpre tyrienne, le violet et l’écarlate. Nous ne parlerons pas des vins, des fruits et autres productions des
    Gaules qui firent les délices et l’ornement des repas des Romains, ni du <em>bled blanc</em> qu’ils se procuraient à grands frais, etc. On peut consulter à ce sujet la <em>Notice sur
    l’agriculture des Celtes,</em> par M. de Cambry. Paris, 1806, in-8°.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><span style="font-size: 8pt;">(Tiré de Jacques-Joseph Champollion-Figeac, <em>Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes
    vulgaires de la France,</em> 1809.)</span><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt; color: #333333;"><strong>L'intégrale <a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/98/52/61/Champollion-Figeac/nouvellesrecherc00chamuoft.pdf">ICI</a></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Arial; font-size: 10pt;"><strong><span style="color: #333300;"><br></span></strong></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 23 Jul 2011 11:48:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">44c6dca61246c4204d238998067d32c6</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Gilles de Rome (1247-1306)]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-gilles-de-rome-79504451.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 16pt; font-family: Arial; color: #333333;"><span style="font-size: 10pt;">Ce court extrait est tiré du traité <em>De regimine principium,</em> écrit pour servir à
    l'instruction de Philippe le Bel, vers 1280, soit deux décennies avant le <em>De vulgari eloquentia</em>.<br></span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 16pt; font-family: Arial; color: #333333;">En effet, nous voyons dans les idiomes vulgaires qu’il est rare que quelqu’un puisse prononcer un idiome comme il se doit et
    distinctement, à moins d’y avoir été accoutumé dans son enfance. Celui en effet qui se déplace, à un âge avancé, vers des contrées lointaines où les idiomes diffèrent&nbsp; de son parler
    maternel, et même s’il vit là pendant de longues années, ne pourra que difficilement, voire jamais,&nbsp; parler correctement cette langue, et l’on saura toujours qu’il fait partie des habitants
    de cette terre et qu’il n’est pas né dans ces contrées. Mais s’il en est ainsi de l’idiome des laïcs, il en ira encore davantage ainsi pour l’idiome des lettrés, qui est un idiome philosophique.
    Les philosophes en effet, voyant qu’aucun idiome vulgaire n’était suffisamment complet et parfait, au moyen duquel puissent parfaitement et correctement être exprimés les natures des choses, et
    les coutumes des hommes, et le cours des astres, et tous autres sujets dont ils voulaient disputer, inventèrent pour eux-mêmes un nouvel idiome pour ainsi dire propre, qu’ils ont appelé latin, ou
    idiome des lettrés, qu’ils firent suffisamment ample et riche pour pouvoir grâce à lui exprimer de façon satisfaisante tous leurs concepts.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; color: #333333;">(En annexe de&nbsp;: Dante Alighieri, <em>De l’éloquence en vulgaire,</em> Fayard, 2011. Trad. Anne Grondeux, Ruedi Imbach et Irène
    Rosier-Catach.)</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: Arial; color: #333300;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 15 Jul 2011 16:07:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0a4d2e3c365bbaa977156b8906d20733</guid>
                        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-gilles-de-rome-79504451-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le moyen français : injection massive de latinismes]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-le-moyen-fran-ais-78212798.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">L’emprunt au latin (et ultérieurement au grec) a été la solution naturelle au problème posé par les
    premières traductions et par l’adoption du français dans des matières dont toute la terminologie était latine et pour lesquelles la langue vulgaire ne possédait pas encore de mots
    adéquats.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Certes ces mots auraient pu être forgés par dérivation et composition à partir de racines
    héréditaires&nbsp;; on aurait pu dire «&nbsp;testel&nbsp;» aussi bien que <em>capital</em> ou «&nbsp;estomaqueux&nbsp;» aussi bien que <em>gastrique</em>… Mais la structure de l’idiome, issu du
    latin<sup>1</sup>, l’habitude du latin médiéval, la pente naturelle de la translation, tout poussait techniciens, littérateurs et philologues dans la voie de l’emprunt et du calque.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Pour les premiers, le latin est un besoin, pour les seconds un ornement, pour les troisièmes un mystique.
    Ils s’y sont abandonnés sans mesure et jusque dans des excès qui ont été souvent dénoncés&nbsp;: Oresme&nbsp;lui-même, le plus grand fournisseur en latinismes, signale le danger dès le début du
    <span style="font-variant: small-caps;">xiv</span><sup>e</sup> siècle.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">«&nbsp;Li latins a plusour mos que nullement ou romans (en français) on ne puet dire, mais ques par
    circonlocution et exposition&nbsp;; et qui les vorroit dire selonc lou latin en romant, il ne dit ne latin boin ne romans, mais aucune foiz moitieit latin, moitieit romans. Et per une vainne
    curiouseteit et per ignorance wellent dire lou romans selonc lou latin, de mot a mot, si com dient&nbsp;aucuns <em>negocia ardua,</em> «&nbsp;negoces ardues&nbsp;» (…) Si n’est ne sentence, ne
    construction, ne parfait entendement&nbsp;» (d’après Brunot, I, 517).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Ces lignes sont de 1370&nbsp;; on voit que les escumeurs de latin n’avaient pas attendu Rabelais ni Geofroy
    Tory.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Il n’en est que plus remarquable de constater à quel point la langue a assimilé les plus bizarres
    néologismes. M. Gougenheim remarque que parmi les latinismes jargonnesques dont l’escholier lymousin remplit ses grotesques propos, dix-huit sont aujourd’hui d’usage courant&nbsp;: <em>académie,
    capter, célèbre, crépuscule, déambuler, féminin, génie, horaire, indigène, méritoire, nocturne, origine, patriotique, pécune, pénurie, révérer, sexe, vénérer.</em></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Geofroy Tory et Rabelais nous donnent ces mots comme autant d’exemples de pédantismes saugrenus et
    insupportables à une oreille du temps, fût-elle d’un fervent humaniste comme le bon Pantagruel&nbsp;; le français moderne les a cependant parfaitement digérés et assimilés. Cela justifie la
    latinisation et montre à quel point elle convenait au génie de la langue qui, depuis six siècles, a absorbé quelque 5 000 mots latins (et 500 mots grecs), si parfaitement incorporés à l’idiome
    que bien souvent le spécialiste seul peut en déceler l’origine.&nbsp;;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Or la grande masse de ces mots s’introduit dès le XIV<sup>e</sup> siècle, sous la plume des traducteurs,
    des juristes, des philosophes et différents techniciens.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">On a dit plus haut que 40 %&nbsp; environ des quelque 20 000 mots-souches de notre vocabulaire actuel
    remontent au moyen français&nbsp;; soit 8 000. Sur ce nombre la moitié environ sont des emprunts au latin, soit 3 500 sur un total de 5000 latinismes que comporte la langue d’usage.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">On voit donc que les 3/5 de notre vocabulaire latin sont une création du moyen français. Et on ajoutera
    enfin que sur ce nombre presque la moitié remonte au <span style="font-variant: small-caps;">xiv</span><sup>e</sup> siècle, l’autre moitié au <span style=
    "font-variant: small-caps;">xvi</span><sup>e</sup> siècle. Assez curieusement — comme on l’a déjà relevé sans pouvoir l’expliquer — le <span style=
    "font-variant: small-caps;">xv</span><sup>e</sup> siècle marque un net arrêt de la création.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;">Et il ne s’agit ici que de la langue courante, telle qu’elle est retenue par les dictionnaires, car il
    faudrait multiplier ces chiffres par 4 ou 5 pour avoir une idée de la prodigieuse prolifération des latinismes durant cette période.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333300;"><span style="font-size: 10pt;">1. Allez ! ne chipotons pas et laissons à Pierre Guiraud ce qui lui
    appartient.</span><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #333300;">(Pierre Guiraud, <em>le Moyen Français</em>, coll. «&nbsp;Que sais-je&nbsp;», Presses universitaires de France, 1972.)</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 30 Jun 2011 13:37:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">f4c4933717178d0d3e59a155f99e53fe</guid>
                        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-le-moyen-fran-ais-78212798-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Projet de lettre (extrait)]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-projet-de-lettre-extrait-76379093.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 14pt; color: #333333;"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;">L’hypothèse néolatine</strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #333333;"><strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">La théorie néolatine — qui n’est jamais considérée comme hypothétique, qu'on présente plutôt comme ayant
    «&nbsp;valeur d’axiome&nbsp;» (F. Guessard), comme « hors de controverse » (Muratori) — s’articule en deux temps&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">— 1° les populations ibères, italiques et celtes (et valaques), conquises et romanisées, auraient abandonné
    leurs propres langues&nbsp;au point que la majorité, voire la totalité, de ces langues auraient fini par disparaître, au profit du latin ;</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">— 2° une fois opérée cette drastique reconversion, elles auraient, dans un magnifique ensemble, transformé
    si radicalement ce latin chèrement acquis que des langues nouvelles, les langues néolatines, auraient fini par surgir de ses débris encore fumants.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Elle se présente comme&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">— <em style="mso-bidi-font-style: normal;">intouchable, inattaquable</em> (elle jouit d’un statut quasi
    religieux).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Elle se révèle&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">— <em style="mso-bidi-font-style: normal;">indémontrable</em> et <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">invérifiable</em>, puisque <em style="mso-bidi-font-style: normal;">a)</em> le gaulois, l’osque, le celtibère, etc., se seraient entièrement ou quasi entièrement
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;">désintégrés</em> durant la première moitié du premier millénaire AD, et que <em style="mso-bidi-font-style: normal;">b)</em> on nous ressasse, à longueur
    de savants traités, cette <em style="mso-bidi-font-style: normal;">banalité</em> que les langues romanes seraient issues non pas du latin que nous connaissons, mais du latin <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">parlé</em>. Un latin parlé qui n'aurait, bien sûr, pas laissé de traces, et à propos duquel est entretenu, de surcroît, un flou très artistique, dont on ne discerne
    jamais avec certitude quels sont les rapports qu’il entretenait avec le latin écrit (dans quelle mesure en était-il proche ? dans quelle mesure était-il ou n’était-il pas déjà une langue
    romane&nbsp;?).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><em style="mso-bidi-font-style: normal;">—</em> extrêmement <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">compliquée,</em> voire <em style="mso-bidi-font-style: normal;">extravagante</em> (tout cet incroyable travail langagier en moins d’un millénaire&nbsp;: chapeau,
    les locuteurs !).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Mais qui peut affirmer aujourd’hui (après vous avoir lu, tout particulièrement) que les choses se sont
    réellement passées ainsi (1° et 2°)&nbsp;? Ne serait-ce pas une précaution élémentaire, aujourd’hui, que de ramener ce scénario en deux parties au rang de pure hypothèse — une hypothèse parmi
    d’autres, une hypothèse, d’ailleurs, plutôt basse, tant elle implique de phénomènes particuliers — et de la confronter à d’autres possibles&nbsp;? La doctrine néolatine, qui remonte à des temps
    déjà anciens (elle s’est forgée entre le seizième et le dix-neuvième siècle positiviste), mérite à coup sûr qu'on la réxamine. Et c'est sur la partie qui la présente comme vraie que doit reposer
    la <em style="mso-bidi-font-style: normal;">charge de la preuve</em>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><img src="http://idata.over-blog.com/1/98/52/61/235-L--quilibre-des-Univers-01---copie.jpg" class=
    "CtreTexte" alt="235-L--quilibre-des-Univers-01---copie" height="455" width="299"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Il existe, en tout cas, un autre scénario qui a, celui-là, le mérite de la simplicité. Et il colle, me
    semble-t-il, fort bien avec votre cadre théorique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Supposons que les idiomes celtiques et italiques évoqués par les Anciens, et qui sont censés avoir en
    grande partie disparu, fussent en réalité ceux qui sont encore parlés aujourd’hui ou qui l’étaient encore récemment (s’agissant de certains dialectes ou patois) ; que le latin classique fût
    simplement une langue d’élite fondée sur un de ces dialectes italiens qui n’ont jamais cessé de se parler dans la péninsule tout au long des deux derniers millénaire ; et que, à l’instar du
    français, de l’italien et de l’espagnol d’aujourd’hui (les «&nbsp;langues sœurs&nbsp;» de La Curne), les anciens dialectes celtiques aient eu avec les dialectes italiques et ibériques une forte
    parenté.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Au contraire, les langues brittoniques et gaéliques n’auraient rien à voir ou peu à voir avec les langues
    celtiques évoquées par les Anciens. Depuis des millénaires, rien ou presque n’aurait bougé dans le paysage linguistique européen. On n'aurait jamais cessé de parler ces langues pseudo-celtiques à
    la frange ouest de l’Ouest européen, et les langues celtiques de l'époque classique (les langues gauloises, principalement) se seraient maintenues et se parleraient encore là où leur présence
    était déjà attestée par les textes classiques.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #333333;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">La visible parenté des langues romanes avec le latin serait due à deux phénomènes&nbsp;: 1°
    d’une part, cette parenté aurait existé <em style="mso-bidi-font-style: normal;">avant</em> la conquête romaine, comme l’italien est aujourd’hui apparenté aux langues de la péninsule Ibérique et
    de la France ; 2° d’autre part, le latin, devenu langue d’élite, raffinée, riche et prestigieuse, implantée partout en Occident en tant que langue de culture et comme instrument administratif,
    judiciaire et religieux, aurait tout naturellement constitué un modèle privilégié lorsqu'on a voulu donner aux langues romanes une publicité et une légitimité. Celles-ci, bien sûr, ont à
    plusieurs reprises fait l’objet d’injections massives de latinismes de tous ordres (notamment, pour ce qui concerne le français,</span> <a href=
    "http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-le-moyen-fran-ais-78212798.html"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">entre le</span> <span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">XIV<sup>e</sup></span> <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">et le</span> <span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">XVI<sup>e</sup></span> <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">siècle</span></a><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;">, principalement au point de vue lexical, mais pas seulement). Cet apport de latin a certes modifié la physionomie de ces langues, mais
    pas au point de se substituer à elles. Le fonds est resté le même.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt; color: #333333;">Je m’arrête là. Il y a évidemment encore beaucoup à dire, beaucoup à défaire surtout. Je souhaitais juste
    que vous ayez une idée de la thèse qui m’anime. Mais je ne fais que suivre les traces de plusieurs auteurs (Granier de Cassagnac, Michael John Harper, notamment).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt; color: #333333;">(Article remanié le 3 octobre 2011.)</span><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 11 Jun 2011 10:08:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e68b837f5ea17e19e27e871331f4023d</guid>
                        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-projet-de-lettre-extrait-76379093-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'un et l'autre latin]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-un-et-l-autre-latin-47810458.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <!--StartFragment-->
  </p>
  <p style="margin: 0.1pt 0cm; text-align: center;">
    <strong><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><br></span></strong>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Quelques réflexions sur le latin vulgaire vu par Bernard Cerquiglini, Jean-Marie Klinkenberg (et toute la
    linguistique moderne ou presque), mais également par Jean Espagnolle et Granier de Cassagnac.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0.1pt 0cm; text-align: center;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">«&nbsp;Il aura fallu plusieurs siècles pour faire éclater la vérité, qui tient en un adjectif&nbsp;: le
    français tient certes du latin, mais du latin <em>parlé</em>.&nbsp;» Telle quelle, évidemment, la phrase de Cerquiglini prête à sourire, considérant, qui plus est, la supposée répugnance des
    Gaulois pour ce qui touchait à l’écriture. Quoi qu’il en soit, on discerne mal ce que cette mise en avant de l’oralité est censée nous apporter. Du latin parlé&nbsp;? la belle découverte&nbsp;!
    Latin classique, latin populaire, la logique veut qu’on ait toujours affaire à un seul idiome, avec son lexique et sa structure propres&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a pas plus lieu de parler d’un latin
    populaire qu’on ne parle d’un français populaire, résume Max Bonnet. On dit bien, en effet, la langue du peuple. Mais on ne dit pas le français du peuple. Pourquoi cela&nbsp;? Parce que par la
    langue du peuple on entend une certaine façon de s’exprimer, un langage plutôt qu’une langue. Personne ne songera à nommer la langue du peuple en France, d’une part, et la langue littéraire, de
    l’autre, deux idiomes, comme on le fait pour le latin<sup>1</sup>.&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Le problème, c’est que le néo-latinisme a absolument besoin d’un latin populaire qui soit foncièrement
    différent de son avatar grammatical, l’objectif étant de réduire la trop grande distance qui sépare celui-ci des idiomes analytiques que sont les langues romanes : «&nbsp;Il était évident que la
    langue de Ronsard, puis de Vaugelas différait notablement de celle de Cicéron. Les partisans d’une autre origine n’avaient aucune peine à faire valoir que la langue latine, au rebours du
    français, possédait une déclinaison, riche et complexe, qu’elle était dotée d’une syntaxe reposant sur des principes nettement distincts, que son lexique était sur bien des points très
    spécifique&nbsp;» (Cerquiglini). De fait, c’est un argument clé, que l’on retrouve dans Granier de Cassagnac, dans Eugène Hins, Jean Espagnolle, Michael John Harper, Yves Cortez (la liste n’est
    pas close) : «&nbsp;Entre la syntaxe latine et la nôtre, il y a un abîme qu’aucun effort philologique ne saurait combler&nbsp;; elles sont non seulement différentes, mais contradictoires. Le
    latin décline ses mots et conjugue ses verbes au moyen de flexions, et le français remplace les flexions par des prépositions dans les mots et par des auxiliaires dans les verbes. Le latin est
    une langue oblique et synthétique&nbsp;; le français, l’italien et l’espagnol sont des langues directes et analytiques. Comment ceci peut-il sortir de cela&nbsp;?&nbsp;» (J.
    Lefebvre).</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Afin de dresser une passerelle au-dessus de ce vide linguistique, un idiome hybride est donc requis, un latin
    équipé des attributs des langues romanes («&nbsp;sans inversion syntaxique, pourvu de déclinaisons minimales, et usant abondamment de prépositions&nbsp;», <em>dixit</em> Cerquiglini). Certes, de
    ce «&nbsp;proto-roman&nbsp;» presque exclusivement oral, il serait vain d’espérer connaître grand-chose. Les savants qui se sont penchés sur la question n’ont d’ailleurs récolté qu’un matériel
    hétéroclite et inutilisable, assemblé sans considération de temps, d’espace ou de registre sociolinguistique. Mais qu’importe le contenu, pourvu qu’on ait l’emballage&nbsp; : «&nbsp;On peut
    certes continuer à utiliser l’expression “latin vulgaire“, mais à condition de se souvenir qu’il s’agit d’un nom conventionnel, désignant un ensemble de variétés. C’est pour marquer ce caractère
    conventionnel que nous utiliserons le sigle “L.V.“. D’ailleurs, pour désigner l’ensemble L.V., on emploie parfois aussi le terme “proto-roman“. Celui-ci fait penser à “proto-indo-européen“ ou à
    “proto-germanique“, expressions utilisées par ceux qui procèdent à la reconstruction linguistique. Employer ce terme indique que l’on se soucie moins d’étudier un état réel du latin que
    d’élaborer un modèle théorique de cette langue qui puisse adéquatement rendre compte des particularités des langues romanes&nbsp;» (Jean-Claude Klinkenberg<sup>2</sup>).</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <!--StartFragment-->
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style="font-size: 12pt;">On le sait, la linguistique est une science imaginative, féconde en simulations et en reconstructions
    diverses<sup>3</sup>. Et</span></span> <span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style="font-size: 12pt;">cet</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">«</span></span> <span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style="font-size: 12pt;">ensemble L.V.</span></span> <span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">», ce</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">«</span></span>
    <span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style="font-size: 12pt;">protoroman</span></span> <span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">»,</span></span> <span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style="font-size: 12pt;">est une création aussi dénuée de réalité que l‘est
    son alter ego, le latin fictif. Pourtant, nous verrons prochainement que Granier de Cassagnac nous en propose une version qui, sans être complètement satisfaisante, a le mérite de tenir la
    route.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><em>(À suivre.)</em></span></span><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;"><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span><br></span></span>
  </p><!--EndFragment-->
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">1.</span></span> <!--StartFragment--><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Arial;">Quand
    un haut dignitaire français s’écrie&nbsp;: «&nbsp;Casse-toi, pov’con&nbsp;!&nbsp;», il ne fait pas du Ronsard. Pourtant, il s’exprime bel et bien dans la langue de Ronsard.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Arial;">2.</span></span> <!--StartFragment--><span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: Arial;">Des langues
    romanes,</span></em> <span style="font-family: Arial;">De Boeck &amp; Larcier, 1999.</span></span><!--EndFragment-->
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">3. L’astérique est son signe fétiche.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0.1pt 0cm; text-align: justify; text-indent: 48.95pt;">
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span>
  </p><!--EndFragment-->]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:40:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d83611ea4c37765b0b3d97531114ee13</guid>
                        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-un-et-l-autre-latin-47810458-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'essence d'une langue (suite)]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-essence-d-une-langue-suite-47810342.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br>
    <br></span></span>
  </p><!--StartFragment-->
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">En effet, et quoique nous l'ayons déjà dit, il faut le dire encore :</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Dans la grammaire commune au français, à l'italien et à l'espagnol,</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le substantif se décline à l'aide de prépositions&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le verbe actif se conjugue principalement avec des auxiliaires ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">La forme du verbe passif n’existe pas.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">La syntaxe exige que dans la construction de la phrase l'ordre grammatical des mots se confonde avec leur
    ordre logique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Au contraire, dans la grammaire de la langue latine,</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le substantif se décline à l'aide de cas ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le verbe actif se conjugue à l'aide des flexions ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le verbe passif a une forme spéciale, conjuguée en partie comme l'actif.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Le verbe déponent a la forme passive et la signification active.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">La syntaxe permet dans la construction de la phrase tel ordre de mots qu’il plaît au goût de l'auteur
    d'adopter.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Il y a donc entre ces deux grammaires un abîme qui les sépare et qui classe le français, l'italien et
    l'espagnol dans une famille de langues absolument distincte de la famille à laquelle appartient, avec le grec et le sanscrit, la langue latine.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">Des êtres de natures contraires ne peuvent pas s'engendrer mutuellement&nbsp;; et il est aussi monstrueux en
    philologie de vouloir que le latin ait produit le français et les langues similaires qu’il le serait en physiologie de vouloir qu’un quadrupède produisît un oiseau.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">C'est parce qu’on s'est toujours arrêté à la surface de cette hypothèse, sans pénétrer jusqu’au principe même
    qu’elle formule, qu’on n’en a pas aperçu l'absurdité&nbsp;; car si l'on avait constaté la nature absolument contraire du latin et du français, on n’aurait pas pu s'arrêter, même un seul instant,
    à l'idée que l'une de ces deux langues puisse procéder de l'autre.</span></span><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">(B. A. Granier de Cassagnac, <em>Histoire des origines de la langue française,</em> ch. v.)</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br></span></span>
  </p><!--EndFragment-->]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:38:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7989c28b8cebafa72b836217402f8801</guid>
                <category>Granier de Cassagnac</category>        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-essence-d-une-langue-suite-47810342-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'essence d'une langue]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-essence-d-une-langue-1-47810202.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><strong><span style="color: #333300;">&nbsp;</span></strong><br>
    <br></span></span>
  </p><!--StartFragment-->
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Une langue qui en se corrompant en produirait une autre ne saurait produire évidemment qu’une langue de même
    nature, de même génie, c'est-à-dire ayant la même grammaire.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Le latin que les cours de justice s'obstinèrent à employer dans la rédaction de leurs sentences, jusqu’au
    milieu du seizième siècle, était assurément bien corrompu&nbsp;; mais, enfin, c'était encore du latin par ce qui constitue l'essence d'une langue, à savoir par les règles
    grammaticales.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Les phrases suivantes, extraites de la révision du procès de Jeanne d'Arc :</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">— <em>«&nbsp;Mortuus est faciendo fieri barbam suam »,</em> — il mourut en faisant faire sa barbe
    ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">— <em>« Bene est servare festa Nostrae Dominae ab uno buto usque ad alium&nbsp;»,</em> — il est bon
    d'observer les fêtes de Notre-Dame d'un bout à l’autre&nbsp;;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">— <em>«&nbsp;Volebant facere unam escarmoucham »,</em> — ils voulaient faire une escarmouche ;</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Assurément, ces phrases sont écrites en un latin barbare, barbare par l'emploi de mots étrangers à la langue
    latine, tels que <em>escarmoucha</em> et <em>butum&nbsp;;</em> barbare par l'emploi de tournures d'un goût absurde, telles que <em>faciendo fieri barbam&nbsp;;</em> mais enfin, si barbare qu’il
    soit, ce latin est encore du latin. Les substantifs s'y déclinent suivant la règle des cas ; les verbes s'y conjuguent selon les lois des paradigmes, et les régimes des verbes s'y conforment aux
    principes de la syntaxe.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Tant qu’une langue ne change que son vocabulaire, en gardant sa grammaire, elle reste la même. On en trouve
    la preuve dans l'adoption d'une grande partie du vocabulaire grec par le latin littéraire, à partir de Térence.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">C'est donc la grammaire qui constitue l'essence, la nature d'une langue. Max Müller consacre hautement ce
    principe, avec l'Espagnol Hervas (25)&nbsp;; et il ajoute, à propos de la grammaire : «&nbsp;Qu’est-ce que la grammaire, si ce n’est la déclinaison et la conjugaison
    (26)&nbsp;?&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Eh bien, ces principes de philologie simples, évidents, éternels, proclamés par tous les maîtres de la
    science, excluent d'une manière absolue l'hypothèse d'après laquelle le français, l'italien, l'espagnol seraient nés du latin, car la grammaire de ces trois langues, qui est identiquement la
    même, est radicalement contraire à la nature de la grammaire latine.</span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><em><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><a href=
    "http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-essence-d-une-langue-suite-46517475.html">(A suivre.)</a></span></em></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p><!--EndFragment-->]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:36:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">eadae7cc8c5dd652b7605b5060383b8b</guid>
                <category>Granier de Cassagnac</category>        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-essence-d-une-langue-1-47810202-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Inanité du « latin vulgaire »]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-inanite-du-latin-vulgaire-47810065.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="color: #333300;"><span style="font-size: 12pt;"><strong>&nbsp;</strong></span></span><br>
    <br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;">On prête trop volontiers à ce qu’on appelle le latin vulgaire les caractères d’une langue véritable, d’une
    langue à part, qui aurait existé à côté de la langue latine proprement dite, à côté de cette langue que nous apprenons sous le nom de langue latine en faisant nos humanités. Le latin vulgaire
    ainsi compris n’a jamais existé que dans les cerveaux de quelques savants. Il ne faut pas que les expressions latines telles que <em>sermo plebeius,</em> etc., nous donnent le change. On ne
    désignait pas par ces mots, comme aujourd’hui par le nom du latin vulgaire, une langue dans la langue, ou à côté de la langue. Ceux qui se l’imaginent font comme ferait un étranger qui, voyant
    dans nos dictionnaires, à certains articles, la rubrique « populaire » demanderait la traduction de tous les articles en français populaire. Nous savons bien que le fond de la langue que parlent
    ceux qui usent de termes ou d’acceptions populaires, c’est le français, le français de tout le monde&nbsp;; seulement, de temps en temps, au lieu du mot ou du tour dont se servent les écrivains
    et les gens d’une certaine éducation, ils en prennent d’autres. En réalité, il n’y a pas plus lieu de parler d’un latin populaire qu’on ne parle d’un français populaire. On dit bien, en effet, la
    langue du peuple. Mais on ne dit pas le français du peuple. Pourquoi cela&nbsp;? Parce que par la langue du peuple on entend une certaine façon de s’exprimer, un langage plutôt qu’une langue.
    Personne ne songera à nommer la langue du peuple en France, d’une part, et la langue littéraire, de l’autre, deux idiomes, comme on le fait pour le latin. Si l’on veut se faire</span>
    <span style="font-size: 12pt;">une idée de ce qu’on appellerait avec quelque raison une langue populaire, qu’on songe aux patois du Midi, à la langue d’oc, en présence du français. Là on a des
    dialectes possédant assez de caractères communs pour être considérés à juste titre comme formant une langue distincte de celle qu’on écrit et qu’on apprend à l’école et au régiment, le français.
    Mais dans le nord de la France, qu’appellerait-on la langue populaire&nbsp;? Qu’enten-drait-on par le français populaire&nbsp;? Ces mots ne signifieraient rien&nbsp;; aussi ne les emploie-t-on
    pas. Ce qui existe, ce sont d’abord des patois ou dialectes&nbsp;; c’est en second lieu ce que nous appelons en France l’accent, c’est-à-dire une teinte de dialecte qui se fait sentir surtout
    dans la manière de prononcer la langue commune&nbsp;; c’est enfin, et particulièrement là où les patois ont cessé d’exister, une variété infinie de modifications — corruption disent les uns,
    développement naturel et légitime selon les autres — de cette langue commune ou langue nationale. Il est évident que tout cela ne constitue pas une langue à côté de la langue, ni une langue dans
    la langue. Les patois ont tous, avec la langue régnante, des rapports assez étroits pour se reconnaître en elle sans peine, et ils représentent, non pas une seconde unité, mais la diversité, la
    pluralité en face de l’unité. Les influences du dialecte local sur la langue commune sont aussi nombreuses que les dialectes eux-mêmes, et infiniment variables en intensité. Enfin, prétendra-t-on
    qu’on puisse opposer au bon français, sous le nom de français populaire, un mélange dans lequel entreraient les parisianismes ou les provincialismes de la classe bourgeoise&nbsp;; les fantaisies
    de l’argot des collégiens, des étudiants, des militaires, des comédiens, une quantité, si grande soit-elle, de fautes de prononciation, comme je ll’ai vu, collidor, cinque francs, exeprés, qu’est
    q’c’est, tout ç’qui, de fautes de genre, comme une omnibus, une escalier, de fautes de conjugaison, comme je pensons, etc. ; enfin, ces expressions et ces tournures assez nombreuses dont on se
    sert sans scrupule en parlant et qu’on évite en écrivant ? C’est pourtant tout cela, tout ce qui, à Rome, correspondait à cela, qu’on prétend enfermer dans cette dénomination de latin populaire ;
    c’est à cela qu’on prête les caractères d’un véritable idiome.</span></span>
  </div>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 12pt;"><br>
    <span style="font-size: 8pt;">(Max Bonnet, <em>Le Latin de Grégoire de Tours,</em> Librairie Hachette et C<sup>ie</sup>, Paris 1890.)</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">&nbsp;</span>
  </p><!--EndFragment-->
  <p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">&nbsp;</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:34:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">851b0926a604e8d615a7d5e3bad99bf8</guid>
                        <comments>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-inanite-du-latin-vulgaire-47810065-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La fabrique des origines]]></title>
        <link>http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-la-fabrique-des-origines-47809958.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><strong><br>
    <br></strong></span> <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">La genèse du latin «&nbsp;vulgaire&nbsp;» ou «&nbsp;parlé&nbsp;» contée par Bernard
    Cerquiglini. Extraits.<br>
    <br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Que le français soit issu du latin, nul n’en disconviendrait aujourd’hui. Les partisans d’une autre origine,
    celte en particulier (notre ancêtre, le gaulois), ont rangé les armes ou rejoint le magasin des fous littéraires (1). (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Une telle évidence ne s’est pourtant imposée qu’après plusieurs siècles d’hésitations et de débats. Bien
    qu’un lien génétique entre les langues latine et française ait été perçu dès le Moyen Âge (le clerc médiéval, bilingue, employant la langue vulgaire dans la vie courante, mais travaillant en
    latin, est incité à poser en filiation le va-et-vient qu’il opère), la question de l’origine ne fut examinée qu’à la Renaissance. (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Une filiation directe était posée entre le français et le latin <em>classique</em>&nbsp;: le latin écrit,
    beau latin de Virgile et de Cicéron que, mise à part la presque interruption due aux invasions barbares compensée par la renaissance carolingienne, on n’avait pas cessé d’enseigner. Un latin qui
    s’était quelque peu gauchi depuis l’Antiquité (latin médiéval, scolastique, etc.), mais que, d’Alcuin à Érasme, d’Érasme aux collèges jésuites, on n’avait pas non plus cessé de corriger et de
    purifier, c’est le latin, véhicule noble de la culture légitime, que les lettrés des <span style="font-variant: small-caps;">xvi</span><sup>e</sup> et <span style=
    "font-variant: small-caps;">xvii</span><sup>e</sup> siècles pratiquaient avec la plus intime familiarité, et auquel ceux d’entre eux qui tenaient pour l’origine latine rattachaient tout
    naturellement le français. Il n’y avait pour eux pas d’autre latin. L’obstacle, cependant, était de taille&nbsp;: il était évident que la langue de Ronsard, puis de Vaugelas différait notablement
    de celle de Cicéron. Les partisans d’une autre origine n’avaient aucune peine à faire valoir que la langue latine, au rebours du français, possédait une déclinaison, riche et complexe, qu’elle
    était dotée d’une syntaxe reposant sur des principes nettement distincts, que son lexique était sur bien des points très spécifique. Le celte, par exemple, semblait dans cette perspective
    beaucoup moins éloigné du français. (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">(Et), pas plus que la monogenèse latine, l’appel aux influences gauloise et germanique ne pouvait répondre
    aux critiques faisant valoir les différences profondes séparant la langue classique du français. L’objet de la réflexion n’était pas construit.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Cette construction, solide et décisive, proviendra d’une tout autre perspective, des plus difficiles à
    concevoir puis à admettre pour les éminents latinistes qu’étaient ces érudits. Elle consiste à supposer que le français, et les langues romanes (portugais, espagnol, catalan, occitan, italien,
    etc.) en général, ne proviennent pas du latin classique, c’est-à-dire du latin écrit, appris à l’école, socialement et scolairement normé, mais du latin effectivement parlé, voire d’un latin
    «&nbsp;rustique&nbsp;» et populaire. Ce qui revient à dire qu’il existait en fait deux latins&nbsp;; que le second, bien vivant et largement pratiqué dans tout l’Empire romain, présentait avec
    arrogance les fautes et barbarismes (irrespect de la déclinaison, ordre des mots fixe, vocabulaire familier et concret, etc.) que les régents de collège traquaient avec la dernière énergie. Ce
    qui revient à supposer, ensuite, pensée scandaleuse au moment où le français et les autres langues romanes acquéraient enfin statut, éminence voire universalité, que ces langues provenaient en
    fait du second latin, inférieur, rustique et vulgaire. Cette thèse est certes douloureuse à concevoir&nbsp;; mais elle résout le problème des différences fondamentales entre le latin et les
    langues romanes (celles-ci proviennent d’une latinité tout autre, plus proche d’elles), et pose correctement la question de l’origine. (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">On doit à Pierre Nicolas Bonamy le geste épistémologiquement judicieux et fondateur&nbsp;: critiquer d’une
    part l’origine que ses prédécesseurs, bons latinistes, ont présupposée&nbsp;: le «&nbsp;latin des livres&nbsp;»&nbsp;; construire d’autre part un concept de latin qui, tout en légitimant la
    romanité du français, justifie la spécificité de cette langue par rapport à celle des auteurs classiques. Il avance dès lors la thèse que l’origine de notre langue «&nbsp;n’est autre chose que la
    langue latine parlée et employée dans les discours familiers&nbsp;». Il faut donc admettre qu’il y avait à Rome deux latins, et que l‘originaire fut aux antipodes des habitudes de la connaissance
    érudite : un latin des rues et du peuple, étranger au livre et à l’école, appris «&nbsp;en l’entendant prononcer aux Romains soldats, marchands, artisans, esclaves, qui n’avaient pas plus
    fréquenté les écoles d’Italie que les Gaulois celle des Gaules ». C'est du latin oral, de la conversation pratique, qu’est issu le roman, devenu plus tard le français. (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Un latin populaire, «&nbsp;vulgaire&nbsp;» au sens étymologique comme au sens commun, sans inversion
    syntaxique, pourvu de déclinaisons minimales, et usant abondamment de prépositions (toutes propriétés des langues romanes)&nbsp;: «&nbsp;Je ne puis trop le répéter&nbsp;: c’est de la langue
    parlée des Romains que les Gaulois ont appris à parler latin.&nbsp;» (…)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><img src="http://idata.over-blog.com/1/98/52/61/nng_images.jpg" class="CtreTexte" alt="nng_images.jpg"
    height="283" width="249"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Il aura fallu plusieurs siècles pour faire éclater la vérité, qui tient en un adjectif&nbsp;: le français
    provient certes du latin, mais du latin <em>parlé.</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><em><br></em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">(Bernard Cerquiglini, <em>Une langue orpheline,</em> les Éditions de Minuit, Paris, 2007.)</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <!--StartFragment-->
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">1. «&nbsp;Fous littéraires&nbsp;» que, prudent, Cerquiglini s’est bien gardé de visiter. À la page 110 d'<em>Une langue orpheline</em> (note 2), il confond
    allègrement l’innocent Hippolyte Cocheris, inspecteur général de l’instruction publique et créateur d’une collection de manuels scolaires, avec le Granier de Cassagnac des
    <em>Origines.</em><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Est-il nécessaire de préciser que Granier n'a rien du fou littéraire ?</span>
  </p><!--EndFragment-->
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><em><a href=
    "http://www.la-langue-verte-et-la-cuite.com/article-l-un-et-l-autre-latin-47810458.html">(Commentaires à venir.)</a><br>
    <br></em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">&nbsp;</span>
  </p><!--EndFragment-->]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Apr 2010 13:32:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">60a5e5bf80d6a641c7b4ae535e62704b</guid>
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